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L’Europe inquiète face au gaz de plus en plus cher

jeudi, 7 octobre, 2021 - 12:07

La mise en fonction prochaine du gazoduc Nord Stream2  modifie les routes d'approvisionnement du gaz naturel, la Russie cherchant à privilégier cette route pour fournir l'Europe. Les experts dénoncent un "mouvement de panique et de peur" face aux stocks limités dans l'hémisphère nord, alors qu'un hiver plus froid est annoncé.

L’hiver arrive et l’Europe craint pour ses réserves d’énergie alors que les cours du gaz naturel ont atteint de nouveaux records : 1229 dollars pour mille mètres cubes, un sommet historique. Alors que la reprise économique se confirme, la demande sur le gaz naturel progresse auprès des ressources traditionnelles (Russie et Norvège) tandis que les réserves européennes sont tombées à leur niveau le plus bas depuis environ dix ans. « La flambée actuelle des prix de l’énergie en Europe est vraiment unique », ont réagi les analystes de Société Générale, « jamais auparavant les prix de l’énergie n’avaient augmenté aussi haut et aussi vite ». En six mois, ils ont été multipliés par plus de sept.

La demande asiatique, notamment chinoise, est aussi à prendre en compte, ainsi que les contraintes environnementales, qui cherchent à limiter l’exploitation du charbon, provoquant des pénuries d’énergie, certaines usines fonctionnant au ralenti.

Les regards se tournent vers la Russie

Moscou est accusé de ne pas ouvrir suffisamment les robinets afin de privilégier la mise en service de son gazoduc controversé, Nord Stream 2, vers l’Allemagne. Le Kremlin a affirmé hier que la Russie n’avait « rien à voir » avec l’envolée des prix : « Nous insistons sur le fait que la Russie n’a et ne peut avoir aucun rôle dans ce qu’il se passe sur le marché du gaz en Europe », a déclaré Dmitri Peskov dans sa conférence de presse téléphonique quotidienne. Les Etats-Unis ont toujours contesté le projet de gazoduc, car il menace la commercialisation du gaz de schiste américain. Les pays de l’Opep ont en outre augmenté les tarifs de pétrole. Un « perfect storm » se forme autour de cette source d’énergie .

La France cherche à limiter l’impact social de cette hausse du prix grâce à un « bouclier tarifaire » qui bloquerait le tarif réglementé du gaz jusqu’en avril 2022 et la limitation de la hausse de l’électricité. Plusieurs pays tentent de faire de même.  L’Espagne, la République tchèque, la Grèce et la Roumanie se joignent à l’Hexagone pour chercher une approche commune. Des achats communs au niveau européen pourraient s’avérer efficaces si la volonté politique se manifeste au plus vite.


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