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L’Europe cherche à sauver l’Arctique de l’exploitation de ses ressources

vendredi, 15 octobre, 2021 - 17:08

La demande croissante en combustibles pour relancer les économies mises à mal par la pandémie de Covid attise les convoitises envers les immenses réserves de la région et la nouvelle route maritime du Nord-Est en facilite l'exploitation. Défendre l'Arctique sera difficile, surtout face à la Russie qui en fait une condition de son économie.

Source de toutes les convoitises, l’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète. La fonte des glaces et le dégel du permafrost accélèrent le changement climatique et la route maritime du nord, ou passage du Nord-Est, représente déjà une opportunité pour les échanges commerciaux, puisqu’elle est moitié moins longue que celle du Canal de Suez. Les océans Atlantique, Pacifique et Arctique sont désormais reliés.

Au centre de cette nouvelle course commerciale, les gisements de pétrole, de gaz et de charbon. « La zone arctique a un potentiel énorme. En termes de ressources, on parle de 15 milliards de tonnes de pétrole et cent mille milliards de m3 de gaz. Assez pour des dizaines, voire des centaines d’années » disait en septembre dernier le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak. Alors que le monde cherche à réduire son utilisation des ressources fossiles, ce nouveau marché représente des risques immenses au niveau géopolitique, environnemental, économique, sécuritaire et social.

Faire de l’Arctique un sanctuaire

Une grande partie de l’Arctique fait partie de l’Europe et l’Union européenne veut négocier un moratoire international pour réduire l’exploitation de ces ressources et pourrait interdire l’achat des hydrocarbures extraits dans la région. « Le charbon, le gaz et le pétrole doivent rester sous terre dans cette région » a plaidé le commissaire à l’environnement Virginijus Sinkevicius lors de la présentation la nouvelle Stratégie Arctique de l’UE. Ce serait un moyen de s’appuyer sur les moratoires partiels sur l’exploitation des hydrocarbures dans l’Arctique mis en place avec les Etats-Unis, le Canada et le Groenland.

« Nous ne sommes pas naïfs, il faudra des efforts diplomatiques intenses, mais l’UE doit donner l’exemple » a ajouté le commissaire lituanien. En effet, comment convaincre les Etats-Unis, le Canada, la Norvège, l’Islande et surtout la Russie d’accepter un tel moratoire? En matière d’énergies lourdes, la Russie fait déjà ce qu’elle veut, comme le montre l’exemple du gazoduc Nord Stream2, qui déstabilise la distribution du gaz en Europe centrale. Et la Chine est fermement décidée à utiliser la nouvelle voie maritime. Faudrait-il interdire carrément l’utilisation de la route maritime de l’Arctique, comme le suggère Yana Prokofyeva, de l’ONG Surfrider Foundation Europe?

L’Union européenne s’est engagée à parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050 et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici à 2030. L’exploitation de l’Arctique mettrait à mal ces intentions, c’est pourquoi l’Europe cherche à soutenir un développement global, inclusif et durable au profit des habitants et des générations futures de la région, en se concentrant sur les besoins des peuples autochtones, des femmes et des jeunes, et en investissant dans des emplois tournés vers l’avenir et dans l’économie bleue. Des populations qui sont déjà affectées par le chômage et des fragilités sociales et médicales.


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