Syndicate content

L’UE rattrape son retard dans les envois de vaccins à 150 pays

mercredi, 20 octobre, 2021 - 11:24

Si le programme Covax permet enfin de rattraper son retard vers les pays à faible revenu, il est toujours affaibli par le maintien des brevets sur les vaccins. Et, en Europe, plusieurs fronts de propagation s'établissent et prennent de l'ampleur, comme en Russie et au Royaume-Uni.

Critiquée depuis le début de l’épidémie pour la lenteur de son programme en faveur des pays en développement disposant de peu de vaccins, la Commission européenne a annoncé que plus d’un milliard de vaccins contre le Covid ont été fournis à 150 pays, et ceci depuis dix mois. Pour Ursula von der Layen, « l’UE est le premier exportateur au monde de vaccins ». Les 27 ont livré à ce jour 87 millions de doses aux pays à faible moyen par l’intermédiaire du programme international Covax, qui a pris du temps à se mettre en place. 500 millions de doses supplémentaires sont prévues au cours des prochains mois, « mais d’autres pays doivent redoubler d’efforts » a-t-elle ajouté.

Ces envois sont contrôlés par un mécanisme qui oblige, avant toute exportation de vaccins hors de l’UE par un laboratoire, de s’assurer du feu vert de l’Etat membre d’où sont expédiées les doses, pour s’assurer de leur qualité. Entre janvier et fin septembre, les Vingt-Sept ont approuvé plus de 2600 demandes d’exportation à destination de 56 pays et territoires (Royaume-Uni, Australie, Etats-unis, Chili, Canada, Israël, Japon, Turquie…). Toutefois le sujet fondamental de la levée temporaire des brevets, afin de produire davantage de vaccins à prix réduit, n’a pas été encouragée par Bruxelles, qui s’y refuse. Covax espère toujours pouvoir vacciner 20% de la population mondiale des pays pauvres d’ici la fin de l’année.

Une quatrième vague en reprise à l’Est

L’Europe est actuellement confrontée à une progression très inquiétante du Covid, en Russie, dans les Etats baltes, en Roumanie et… au Royaume Uni, où un nouveau variant vient d’être identifié, 10 à 15% plus transmissible que le variant Delta, désormais majoritaire. La Russie est la plus touchée avec des records de plus de 1000 personnes décédées par jour. La couverture vaccinale y est particulièrement basse (seulement 35% des Russes ont reçu deux doses) et le vaccin est refusé par plus de la moitié des habitants. Il faut dire que le vaccin russe, Sputnik V, est désapprouvé par de nombreux médecins. Et les statistiques de l’épidémie sous-estimées. A Moscou, les personnes de plus de 60 ans sont concernées par un confinement qui devrait durer quatre mois.

De fait, c’est l’ensemble des pays de l’Est européens qui voient leurs systèmes de santé dépassés par la propagation du virus. La Lettonie vient d’imposer un couvre-feu. Et l’Ukraine, la Bulgarie, la République tchèque, les Balkans et la Roumanie font face à des situations équivalentes, avec des taux de vaccination très bas.

Tout aussi inquiétant, les nouvelles contaminations au Royaume-Uni oscillent entre 35.000 et 45.000 cas journaliers. C’est beaucoup plus que dans le reste de l’Europe et dix fois plus qu’en France, par exemple. Pourtant le niveau vaccinal dans le pays est un des plus élevés d’Europe. Mais, pour sauver la saison estivale, le gouvernement de Boris Johnson a levé quasiment toutes les restrictions à la mi-juillet. Un plan B est nécessaire, avec peut-être de nouvelles restrictions.


Mots clés
, ,
Réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pays