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Le dernier sommet de l’UE échoue devant la dispute avec la Pologne

lundi, 25 octobre, 2021 - 14:27

Sur tous les sujets qui menacent la cohésion de l'Europe, ce dernier Conseil n'est pas parvenu à trouver un compromis ou une sortie de secours. Les tensions avec la Pologne pourraient entraîner d'autres pays dans un mouvement de contestation sans précédent. Et la crise migratoire progresse, alors que l'Europe de l'Est fait à nouveau face à une progression Covid-19.

Encore un sommet où les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 ne sont pas parvenus à trouver un compromis face à la remise en cause par la Pologne de la primauté du droit européen, à la flambée du prix du gaz et de l’électricité ainsi que concernant les tensions migratoires à la frontière biélorusse. Ce sommet « sous haute tension », qui s’est déroulé le 21 et 22 octobre à Bruxelles, devait aborder en priorité la question énergétique et de la « boite à outils » présentée le 13 octobre dernier par la Commission européenne, qui suggérait une série de mesures temporaires, comme une baisse des taxes et un report des factures.

Cette question, qui devient un problème social et politique à travers l’Europe, méritait une action commune alors que l’hiver approche et que la progression du poids de l’énergie handicape les espoirs de reprise économique. Plusieurs pays sont prêts à des changements profonds et à long terme, comme la France ou l’Espagne, qui voudraient une réforme du marché européen de l’énergie pour parvenir à un découplage entre le prix de gros de l’électricité et celui du gaz naturel. Hélas, ce sommet n’est pas parvenu à trouver des solutions rapides pour enrayer la hausse des prix des carburants, notamment en Allemagne, en Italie ou au Portugal.

Le risque du Polexit

Car le sommet a été surtout consacré à la crise provoquée par un arrêt de la Cour constitutionnelle polonaise et le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki a fermement défendu sa position face au « chantage » que subit son pays face à l’Union européenne. L’affrontement entre l’Europe et la Pologne est accentué par la position de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas, qui refusent de transiger sur la question et qui ont imposé de force l’Etat de droit à l’ordre du jour du Conseil européen. Les pays du Benelux sont en pointe sur ce dossier pour exiger des sanctions financières, et notamment conditionner le versement des fonds européens aux respect des valeurs de l’UE.

Et partout en Europe de l’Est, les migrants subissent des violences policières, sur un continent apeuré face à un nouveau flux migratoire. En Bosnie, en Croatie, en Grèce ou en Roumanie , ces migrants sont frappés, menacés et volés dans des campements de fortune. La Biélorussie est accusée d’inciter les migrants à entrer en Pologne, en Lituanie et en Lettonie. Et les murs ne cessent d’être érigé sur les frontières de plusieurs pays. «Les violations des droits de l’Homme à l’encontre des demandeurs d’asile aux frontières des Etats se sont multipliées à un rythme alarmant, en particulier le refus d’accès à l’asile et les retours sans garanties individuelles», s’inquiète ainsi Dunja Mijatovic, la commissaire aux droits e l’Homme du conseil de l’Europe.


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