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COP26 : l’Europe manque de volonté politique

dimanche, 7 novembre, 2021 - 14:42

La Conférence de Glasgow aurait pu être le moment décisif de la lutte en faveur de l'écologie, face aux pays les plus pollueurs. L'Europe aurait pu prendre la main, mais les tensions au sein de l'UE, sur le charbon et le gaz, ou même le nucléaire, empêchent l'élan commun majeur qui, seul, peut empêcher un point de bascule climatique qui se rapproche toujours davantage.

La première semaine la conférence de Glasgow a permis de trouver un consensus sur plusieurs mesures alors que les dirigeants, financiers et institutions négocient pour lutter contre le réchauffement planétaire. En 2015, l’accord de Paris a imposé l’objectif de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, idéalement sous les 1,5°C. Mais, six ans après, la pollution de la planète n’a pas régressé et Glasgow a déjà échoué car plusieurs leaders des pays parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre n’ont pas fait le chemin vers l’Ecosse : la Chine, le Brésil, la Russie entre autres.

De fait, les militants du climat, très présents chaque jour dans les rues de Glasgow, doutent que les promesses seront tenues, une fois la conférence terminée. Par exemple, le gouvernement brésilien, coupable de la déforestation massive de l’Amazone, et de l’exode des peuples indigènes qui y vivent, a créé la surprise en rehaussant ses ambitions de réduction des émissions de C02 : moins 50% d’ici 2030 (contre 43% précédemment) et un objectif de « neutralité carbone d’ici 2050 ». De même, plus de cent pays abritant 85% des forêts mondiales se sont engagées à enrayer la déforestation d’ici 2030. Les ONG ont tout de suite répondu que cet accord n’a rien de nouveau, puisqu’il reprend les promesses de la Déclaration de New York sur les forêts, signée par 38 pays en… 2014.

De même, sur le charbon, les promesses de mettre un terme au financement de projets d’énergies fossiles d’ici 2022 auront du mal à être tenues, puisque les grands acteurs du secteur – Australie, Chine, Inde, Etats-Unis, Japon ou Russie – ne font pas partie des signataires.

L’Union européenne et la France critiquées pour leur manque d’engagement

Il faudra attendre la fin de la COP21 pour savoir si cette conférence sera un succès. Mais les ONG et les militants, comme Greta Thunberg, annoncent déjà un échec. Face à la mobilisation de la jeunesse, la première semaine a été marquée par de nombreuses opérations de « greenwashing » de la part des multinationales ou des milliardaires comme Jeff Bezos, patron d’Amazon, qui cherchent à verdir leur image.

A l’approche de présidentielles importantes, comme en France, où l’attente écologique n’a jamais été aussi forte, les propositions européennes peinent à convaincre. La Chine et les Etats-Unis, étant les deux plus gros pollueurs de la terre, font oublier que l’Europe pollue aussi beaucoup, malgré ses promesses de « green deal ». Les grands chantiers de réforme, par exemple celle de l’agriculture, sont au point mort. Et Emmanuel Macron est venu à la conférence alors que l’Etat français a été condamné deux fois par le Conseil d’Etat et par le tribunal administratif pour carence fautive dans la lutte contre le changement climatique.


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