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Réfugiés : la crise se poursuit entre Bruxelles et la Biélorussie

samedi, 13 novembre, 2021 - 13:27

En utilisant les migrants Kurdes comme outil de pression et de monnaie d'échange contre l'Europe, la Biélorussie s'engage dans une tactique extrême pour défendre le pouvoir de son dirigeant, M. Loukachenko. La confrontation s'étend désormais aux pays voisins, la Pologne et l'Ukraine, déjà au centre des menaces provenant du Kremlin.

Depuis plusieurs semaines, des milliers de migrants sont bloqués à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Dans un froid toujours plus menaçant, ces réfugiés n’ont aucun secours et souffrent de la faim et sont pris en étau dans la zone frontalière boisée. Il s’agit surtout de Kurdes, et dix d’entre eux y sont décédés depuis le début de la crise.

Les Européens, et en premier lieu les Polonais, accusent Minsk d’alimenter ce drame en délirant des visas et en affrétant des vols pour se venger des sanctions occidentales imposées au régime de M. Loukachenko, l’an dernier, après la répression d’opposants au régime proche de Moscou. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité a entrainé une déclaration commune de l’Estonie, la France, l’Irlande, les Etats-Unis, la Norvège et le Royaume-Uni selon laquelle la Biélorussie a pour objectif de « déstabiliser les pays voisins » et de « tourner l’attention de ses propres violations croissantes des droits de la personne ».

La Biélorussie s’est engagée dans une surenchère politique en menaçant de fermer les vannes d’un important gazoduc alimentant l’Europe. Un coup de bluff démenti par la Russie, qui compte bien poursuivre ses livraisons de gaz en direction de l’Europe. Mais Vladimir Poutine soutient toujours son voisin et exige « le rétablissement des contacts entre les pays de l’UE et la Biélorussie », selon un communiqué du Kremlin.

Une guerre d’un genre nouveau

Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a accusé le régime de M.Loukachenko de « terrorisme d’Etat » et que son pays était la cible d’une « guerre d’un genre nouveau » avec des civils utilisés comme « munitions ». Si une aide humanitaire d’urgence a pu être acheminée jeudi, notamment des couvertures, des vêtements chauds et des couches, ce conflit larvé risque de s’étendre dans la région. Bruxelles prépare de nouvelles sanctions contre Minsk, mais la Pologne a déjà déployé 15.000 militaires à sa frontière et érigé une clôture de fil de fer barbelé. L’Ukraine, pays voisin de la Biélorussie, a annoncé le déploiement de 8500 militaires supplémentaires à sa frontière. Et des rumeurs alarmantes parlent désormais de conflit armé entre la Russie et l’Ukraine.


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