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Les déceptions de la COP26

vendredi, 19 novembre, 2021 - 09:48

Avec 196 pays et plus de 120 chefs d'Etat présents à la COP26 de Glasgow, L'Europe n'est pas parvenue à prendre le leadership d'une lutte contre le réchauffement climatique qui s'annonce de 2,7% pour la fin du siècle.

La poussière est retombée après le sommet climatique de Glasgow et le texte des déclarations finales a été vivement critiqué par les ONG présentes. Si la réduction de l’utilisation des énergies fossiles les plus polluantes (pétrole, gaz et charbon) est mentionnée pour la première fois, elle se limite à des promesses : les pays membres sont invités à « accélérer les efforts vers la diminution progressive de l’énergie au charbon sans système de capture [de CO2] et des subventions inefficaces aux énergies fossiles ». De même, l’invitation à cesser les subventions aux énergies fossiles reste théorique. Un exemple : L’Inde et la Chine ont obtenu que le terme ‘disparition progressive » des subventions soit remplacé par « diminution progressive ». Autant dire que l’urgence n’est toujours pas de mise.

La séparation entre les pays riches et les pays pauvres s’est accentuée. Les pays développés, qui sont ceux qui ont la plus grande responsabilité dans le réchauffement climatique, s’étaient pourtant engagés à verser 100 milliards de dollars par an pour réparer les dégâts accumulés. La déclaration finale acte l’échec de ces promesses et aucune compensation du manque à gagner accumulé par ce retard n’est prévue. Ainsi, les pays pauvres de bénéficieront pas de compensation financière pour les dommages déjà subis par les tempêtes, sécheresses et canicules provoquées par le changement climatique.

Des résolutions déjà contredites par l’actualité

La déforestation est un exemple du décalage entre les promesses et la réalité. 180 pays, dont la France, se sont engagés à enrayer la déforestation d’ici à 2030. Mais ces engagements sont exactement les mêmes que ceux qui n’ont pas été tenus en 2014 dans la déclaration de New York sur les forêts.

107 pays, dont ceux de l’Union européenne et les Etats-Unis, promettent de réduire leurs émissions de méthane de 30% d’ici à 2030. Le méthane est le deuxième gaz responsable du réchauffement climatique après le C02. Mais l’accord obtenu ne couvre que 45% des missions mondiales de ce gaz, surtout dans l’agriculture, qui n’est pas pointée du doigt dans le texte final. De plus, des pays très émetteurs de méthane comme l’Iran et la Russie n’ont pas signé le texte.

Symbole de ce grand sommet qui devait être celui de la « dernière chance » : L’Inde, troisième plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète, se donne pour objectif de neutralité carbone en … 2070. Depuis une semaine, la pollution à New Delhi est telle qu’un confinement partiel a été décrété et toutes les écoles fermées. Autre exemple : si l’UE cherche à protéger les essences de bois issues de la déforestation en réduisant leur commercialisation en Europe, de nouvelles études montrent que la déforestation de l’Amazonie n’a jamais été aussi intense depuis quinze ans.


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