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Biélorussie : le Kremlin intervient dans la crise migratoire

dimanche, 21 novembre, 2021 - 14:50

Par  admin

Vladimir poutine se défend d'intervenir dans la crise migratoire en Bélarus, alors que des gestes diplomatiques ont été faits pour calmer la situation. Mais cette crise déstabilise toute la région alors que des troupes russes importantes sont massées face à l'Ukraine.

La Pologne, la Lituanie et la Lettonie sont en première ligne face au cynisme président biélorusse Alexandre Loukachenko qui manipule les migrants depuis plusieurs semaines. Cette « guerre hybride », selon le terme du ministre de la Défense letton, Artis Pabriks, s’adresse directement à l’Union européenne, en réponse aux sanctions de Bruxelles. On estime à 2000 et 4000 personnes le nombre de réfugiés bloqués devant la frontière polonaise, surtout des Kurdes irakiens, dans le froid et sans nourriture. Au moins 11 migrants sont morts depuis le début de la crise, dont un nouveau-né.

Depuis quelques jours, la situation a néanmoins évolué. Une grande partie de ces réfugiés a été dirigée vers un entrepôt qui sert de centre d’accueil. Plusieurs centaines ont été renvoyés en Irak par avion. Selon la Pologne, le Belarus change de stratégie : au lieu de diriger les migrants face à la frontière polonaise, « des petits groupes sont encouragés à traverser cette frontière à de nombreux endroits à la fois » selon le ministre de La Défense polonais. Et de chaque côté de la frontière, des milliers de troupes sont déjà déployées.

Loukachenko, marionette de Poutine

Alors que de nouvelles sanctions européennes s’annoncent, en particulier contre la compagnie aérienne bélarusse Belavia, accusée d’avoir transporté des groupes de migrants à Minsk, notamment depuis Istanbul, la Turquie a interdit aux Irakiens, Syriens et Yéménites d’embarquer pour le Bélarus depuis son sol. Et le Bélarus a fini par démanteler le camp de migrants  à la frontière et les a placé dans un centre d’accueil.

Si la crise semble se calmer légèrement, les regards se tournent vers le président russe Vladimir Poutine qui a rejeté, ce samedi, les accusations seront lesquelles Moscou serait à l’origine de cette crise. « Je veux que tout le monde le sache. Nous n’avons rien à voir là-dedans », a déclaré le président dans une interview télévisée. « Nous ne devons pas oublier d’où viennent ces crises impliquant des migrants… des pays occidentaux eux-mêmes, y compris de pays européens ».

Nombre d’observateurs considèrent pourtant que cette crise fait partie des nombreux axes de déstabilisation de la part de Vladimir Poutine envers l’Europe et tout particulièrement l’Allemagne, dont le prochain gouvernement, poussé par les Verts, devrait adopter une attitude plus ferme face à la Russie. Pour Euronews, l’ancien secrétaire général de l’Otan et ancien Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, « Le Président Alexandre Loukachenko n’est qu’une marionnette. Le président Vladimir Poutine est le réel cerveau. Et il est très clair que le dirigeant russe soutient toute initiative qui peut diviser l’Union européenne et l’Otan ».

Et cette crise déborde forcément sur l’Ukraine, selon Mr Rasmussen : « Il y a aussi un risque de voir la crise migratoire avec le Bélarus employée comme un écran de fumée pour mener une agression militaire contre l’Ukraine. Si on ajoute la crise migratoire au Bélarus, le mouvement de troupes le long de la frontière ukrainienne, l’augmentation du prix du gaz initiée par la Russie, tous ces éléments servent à créer de l’instabilité et du désordre ».

 


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