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Global Gateway, la réponse de l’Europe à la Chine

jeudi, 2 décembre, 2021 - 14:26

Pour contrer la présence de plus en plus menaçante du projet des "Nouvelles routes de la soie" chinoise, et son impact environnemental, social et politique, l'Europe choisit le bon moment pour lancer une initiative en direction des pays pauvres qui ont cruellement besoin d'infrastructures et de développent durable. Un contrat win-win pour les pays en voie de développement, qui ainsi ne seront pas menacés par des emprunts à long terme difficiles à rembourser.

Face à la prédominance du commerce chinois, et particulièrement le plan d’investissement lancé en 2013, et baptisé « les Nouvelles routes de la soie », l’Union européenne vient de décider d’investir 300 milliards d’euros dans une série d’infrastructures à travers la planète, jusqu’en 2027. Poussé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « Global Gateway » ‘(ou Portail global) se focalisera sur les infrastructures physiques, notamment les câbles à fibre optique, les énergies vertes et les transports, ainsi que sur les systèmes de santé et l’éducation.

Les Etats-Unis et l’Europe se trouvent confrontés à une course contre la montre, tant l’influence de la Chine à travers le monde, et notamment en Afrique ou en Amérique latine, accentue l’hégémonie commerciale et politique de Pékin. Ce plan européen aura le mérite de fusionner financements publics et privés, ces derniers étant absents des sources de financement chinois. De plus, l’impact des nouvelles structures chinoises a de profondes répercussions sur le réchauffement global et l’écologie. Le plan européen cherche à développer de nouvelles structures qui bénéficieront plus directement aux populations concernées, et qui réduiront le poids des emprunts chinois qui, souvent, affaiblissent les pays déjà pauvres

Grande bataille pour l’influence mondiale

Pékin a déjà investi 124 milliards d’euros depuis huit ans et si de nombreux pays ont accueilli cette manne financière les bras grands ouverts, les risques économiques sont aggravés par des contrats souvent lancés sans appels d’offre, des conditions de travail souvent exécrables pour les ouvriers. Le contre-projet européen est donc un enjeu de souveraineté européenne, qui pourra mieux développer les relations commerciales du Vieux continent avec d’autres régions du monde. La commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen,  promet des ‘partenariats d’égal à égal’ et Ursula von der Leyen des projets ‘respectueux des valeurs démocratiques’ et des ‘normes sociales et environnementales les plus élevées’.

Enfin, suite à l’échec de la COP26, l’Europe trouve ici une occasion d’investir dans le bon sens écologique. Les énergies fossiles ne sont pas concernées par Global Gateway, qui se concentrera sur des infrastructures qui développeront aussi l’éducation, la recherche, et qui suivront un cadre transparent de bonne gouvernance. L’objectif est donc de booster l’économie européenne face aux risques de réduction de la croissance suite aux risques pandémiques, mais aussi de tisser des liens commerciaux sans créer de dépendances politiques.


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