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Europe/Kazakhstan : le président de l’APCE appelle à une coopération plus étroite

mardi, 7 décembre, 2021 - 13:15

Par  myeurop

Alors qu’il concluait une visite officielle, Rik Daems a voulu féliciter les efforts du Kazakhstan dans le domaine des droits humains et appelle à une coopération plus étroite entre l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) qu’il préside et ce pays d’Asie centrale. État membre de la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise), le Kazakhstan se dit prêt à adhérer à un certain nombre de conventions du Conseil de l’Europe essentielles pour le respect des droits de l’Homme.

Kazakhstan : vers une accélération des réformes démocratiques

Considérée aujourd’hui comme la plus ancienne assemblée parlementaire internationale composée de députés démocratiquement élus, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) veille à  faire respecter les droits de l’homme, la démocratie et la primauté de droit et à accompagner les pays d’Europe dans leur transition démocratique. C’est donc à ce titre que l’APCE souhaite aujourd’hui renforcer son partenariat avec le Kazakhstan qui fête le 16 décembre prochain ses 30 ans d’indépendance et de souveraineté. Un long chemin, jalonné de succès importants et d’avancées diplomatiques : le Kazakhstan a par exemple renoncé volontairement aux armes nucléaires afin d’obtenir le respect de la communauté internationale et a lancé un certain nombre d’initiatives régionales de maintien de la paix via sa diplomatie «multi-vectorielle», théorisée et mise en œuvre par l’ancien président du pays Noursoultan Nazarbaïev.

Des efforts remarqués qui poussent les institutions européennes à se rapprocher de cet État d’Asie centrale, locomotive économique régionale et qui a notamment signé avec la France un Accord de partenariat stratégique en 2008. Astana est également devenu avec le temps un partenaire fiable de l’Europe et a signé un accord de coopération avec l’APCE dès 2004. Dans la résolution 1526 signée en 2006, l’assemblée européenne estime que le Kazakhstan constitue « l’un des piliers de la stabilité de la région euro-asiatique ». La délégation européenne de l’APCE veut aujourd’hui appuyer son soutien à Astana sur le volet des avancées démocratiques, notamment dans la mise en œuvre de réformes historiques des droits humains. Rik Daems, président de l’APCE, a donc ainsi passé trois jours au Kazakhstan afin de sceller cette coopération interparlementaire.

Le rôle vertueux de l’APCE et de la diplomatie interparlementaire

L’année 2021 avait plutôt bien commencé pour les droits humains. Le 2 janvier dernier, le chef d’État Kassym-Jomart Tokayev confirmait l’abolition de la peine de mort dans son pays. Une annonce en partie symbolique puisque depuis 2003, un moratoire avait entraîné la suspension de la plupart des exécutions. Un contexte favorable pour renforcer la démocratisation des institutions avec l’aide de l’APCE. « Je pense que votre visite arrive à point nommé car elle nous donne l’occasion de résumer les progrès que nous avons réalisés et de travailler sur de nouveaux domaines de coopération », a ainsi résumé Kassym-Jomart Tokayev en accueillant Rik Daems. Ce dernier a pu s’entretenir également avec les présidents du Sénat, Maulen Ashimbayev, et du Majilis (chambre basse du parlement du Kazakhstan), Nurlan Nigmatulin, s’accordant sur la nécessité d’un renforcement d’une collaboration afin de «créer les conditions nécessaires à l’exercice des droits des citoyens», comme l’a précisé Maulen Ashimbayev. De son côté, Nurlan Nigmatulin a mis en avant les réformes en cours visant à démocratiser le processus électoral ainsi qu’à améliorer sa législation. Enfin, Rik Daems a rencontré la ministre de l’Information et du Développement des pouvoirs publics et visité le Centre de soutien aux initiatives civiles.

Au programme donc, un alignement du Kazakhstan sur les normes européennes, qui pourrait s’effectuer progressivement grâce à l’adhésion du pays aux différentes conventions du Conseil de l’Europe. En premier lieu, la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, qui est en cours de procédure, le Kazakhstan ayant augmenté significativement la représentation féminine en introduisant des quotas de femmes dans les listes des candidats au Majilis (30%) et dans les assemblées municipales. Mais aussi l’adhésion à d’autres volets des droits humains, telles que la Convention de Lanzarote sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, ou encore la Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains. Rik Daems et le chef de la délégation du Parlement kazakh à l’APCE Askar Shakirov ont scellé leurs engagements dans une déclaration commune évoquant « la grande efficacité de la diplomatie interparlementaire » et un intérêt commun «pour le renforcement de la coopération, l’élargissement des contacts et l’approfondissement d’un dialogue confiant entre le Parlement du Kazakhstan et l’APCE».

 


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