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Poussée sans précédent du prix du gaz en Europe

vendredi, 24 décembre, 2021 - 14:59

L'explosion du prix du gaz russe bénéficie d'un perfect storm géopolitique : tensions entre la Russie et l'Europe, froid important en début d'hiver, forte consommation pour Noël, inquiétude face au variant Omicron. La Russie enregistre des gains importants face à une Europe fragilisée par Omicron.

L’hiver vient de commencer et les vagues de froid ont surpris une grande partie du nord du continent, notamment en Russie avec des chutes de température importantes, même pour un début de décembre. La demande est grande et le cours du gaz a battu un nouveau record ce mardi et, depuis le 1er décembre, la progression de son prix est de plus 90%. Alors que certains pays comme la Belgique décident d’abandonner progressivement le nucléaire, avec l’arrêt annoncé de ses sept réacteurs pour 2025, et que l’Allemagne lance un programme ambitieux contre les énergies fossiles, l’Europe dépend grandement du gaz russe, à hauteur de 30% de sa consommation.

Le prix du gaz se trouve directement impacté par les tensions géopolitiques entre la Russie et l’Europe. Menaces militaires en Ukraine, soutien à la Biélorussie, inquiétudes économiques face au variant Omicron, fortes demandes à l’époque des fêtes de fin d’année, Moscou veut peser de tout son poids à travers une restriction de ses importations de gaz et consolider ses propres stocks pour cet hiver. « Le gaz naturel européen poursuit son inexorable ascension », ont constaté les analystes de Deutsche Bank, du fait de « températures qui continuent à baisser en Europe » et de « l’absence de réservation par Gazprom (le géant gazier russe, NDLR) de capacités supplémentaires en janvier pour le gaz passant par l’Ukraine ».

Un chantage prévisible

L’Allemagne est la première visée dans ce chantage au gaz. Déjà dépendante du gazoduc Nord Stream, elle menace de retarder l’ouverture de Nord Stream 2 si la situation en Ukraine ne trouve pas une solution diplomatique. Une bonne partie du gaz importé en Europe passait par l’Ukraine, mais Nord Stream 2, long de 1200 kilomètres, passera sous les eaux de la Baltique, de la Russie au nord-est de l’Allemagne. Soutenu par l’ancienne chancelière Angela Merkel, Nord Stream 2 entrera en fonction à la mi-2022, mais la nouvelle cheffe écologiste de la Diplomatie, Analena Baerbock, a déjà menacé d’arrêter le gazoduc en cas d’escalade en Ukraine.

Les stocks de gaz en Europe ont par ailleurs été entamés par un hiver prolongé en 2020 et n’ont pas été suffisamment réapprovisionnés depuis. A cela s’ajoute un apport réduit d’énergies renouvelables, comme l’éolien, pour des raisons météorologiques. Cette flambée se répercute sur le marché de l’électricité, particulièrement au Royaume-Uni où la production énergétique est bien plus dépendante du gaz et des énergies renouvelables que la France par exemple, où le nucléaire domine dans la production d’électricité.

Grâce aux exportations vers l’Europe, le bénéfice net de Gazprom s’est établi à 581,8 milliards de roubles (6,8 milliards d’euros au taux actuel) au 3e trimestre, contre une perte de 251,3 milliards au 3e trimestre 2020.

 


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