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La France prend la présidence tournante de l’UE

jeudi, 6 janvier, 2022 - 14:51

C'est au tour d'Emmanuel Macron de "diriger" l'Europe pour six mois, mais l'image internationale du président français semble déjà ternie par une campagne présidentielle française peu écologiste et sous le signe de l'islamophobie et des idéologies extrémistes.

En prenant le relais de la Slovénie, la France a pris la présidence tournante de l’Union européenne, et ceci pour six mois. « 2022 doit être l’année d’un tournant européen » a déclaré Emmanuel Macron lors de ses voeux de Nouvel An. Un programme ambitieux avec trois chantiers prioritaires : l’instauration de salaires minimum dans toute l’UE, la régulation des géants du numérique et la création d’une taxe carbone sur les produits importés en Europe en fonction de leur impact environnemental. Le président français cherche également à réformer l’espace Schengen pour faire face aux enjeux de l’immigration tout en faisant avancer l’Europe de la défense.

Mais le programme français devra faire face à la présidentielle d’avril prochain, alors que le continent est toujours sous l’emprise d’une crise sanitaire sans précédent à cause du variant Omicron. De plus, les relations entre le nouveau gouvernement allemand doivent être consolidées. « Nos amis français peuvent compter sur notre soutien », a déclaré la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, dans une déclaration à l’AFP. Or, le programme du nouveau chancelier, le social-démocrate Olaf Scholz, diffère grandement des priorités politiques actuelles du candidat Macron.

Tout de suite, des intérêts divergents

Dès les premières heures de cette présidence, les divergences écologistes ont été illustrées par une proposition de texte sur la taxonomie, envoyée en catimini aux Etats membres le 31 décembre. Poussée par la France, ce règlement européen, qui définit les activités vertes, prévoit de qualifier l’énergie nucléaire et le gaz comme compatible avec la lutte contre le réchauffement global. Les écologistes ont tout de suite protesté, à l’instar de Magda Stoczkiewicz, la directrice du programme européen de Greenpeace : « le nucléaire, c’est plus que des déchets toxiques et le fait que nous n’avons pas de solution pour les stocker. C’est, bien sûr, l’extraction de l’uranium et l’utilisation de l’uranium. »

La politique interne du gouvernement Macron n’irrite pas que les écologistes. La France est critiquée à l’étranger pour sa politique policière assez réactionnaire sur l’immigration ou d’autres sujets de société, quand on compare les avancées européennes sur la libération du marché du cannabis, ou la prise en compte des minorités. Ainsi, de nombreux musulmans européens sont préoccupés par le passage de la France à la présidence de l’UE pour une autre raison : ils craignent que le discours politique anti-musulman de la France ne s’infiltre dangereusement dans l’élaboration des politiques de l’UE. Et de nombreux partenaires européens s’inquiètent du climat délétère de la campagne présidentielle française. Depuis de nombreux mois, de nombreux hommes politiques français ont adopté une islamophobie rampante comme stratégie électorale.  Le danger est que la présidence tournante accentue ce climat, déjà présent dans certains pays d’Europe de l’Est.


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