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Un label vert européen pour le nucléaire et le gaz?

lundi, 10 janvier, 2022 - 14:09

Dotée d'une industrie nucléaire importante mais vieillissante, la France est derrière le débat sur la "taxonomie verte" qui voudrait que le nucléaire et le gaz soient considérés comme des énergies durables, afin de bénéficier des fonds européens.

C’est la polémique qui enfle depuis le début de l’année. Depuis le 31 décembre, Bruxelles propose d’octroyer, sous conditions et à titre transitoire, un label vert aux centrales nucléaires et à gaz. Cette nouvelle classification, la taxonomie verte, cherche à faciliter le financement de nouvelles industries contribuant à lutter contre le changement climatique. Or l’uranium et le gaz naturel sont des énergies fossiles, qui devraient être réduites pour que l’UE atteigne la neutralité carbone en 2050.

Une dizaine de pays, la France en tête, défend l’atome. Avec un parc nucléaire vieillissant, la France veut relancer la constructions de nouveaux réacteurs nucléaires, plus petits, mais plus nombreux. C’est le choix annoncé du président Emmanuel Macron et il est soutenu par des pays d’Europe centrale, comme la Pologne et la République tchèque, qui doivent remplacer leurs centrales à charbon très polluantes. Mais personne n’a encore trouvé de solution pour la gestion des déchets radioactifs, et les centrales rejettent une grande quantité d’eau chaude dans les rivières ou les mers. « Près d’un million de mètres cubes de déchets radioactifs provenant de la production d’électricité nucléaire d’EDF s’accumulent déjà sur le territoire français » rappelle Greenpeace.

Sous l’emprise des lobbys

L’Europe veut-elle vraiment favoriser le nucléaire ou est-elle la cible du lobby français de l’atome afin de garder un monopole sur l’énergie? La France tire 67% de son énergie du nucléaire et reste loin derrière ses pays voisins dans le domaine des énergies renouvelables. De l’autre côté du Rhin, l’Allemagne a pris l’engagement de fermer progressivement ses centrales nucléaires après la catastrophe de Fukushima, en 2011.

D’autres pays sont farouchement contre la nouvelle taxonomie verte, comme le Luxembourg et l’Autriche : « L’énergie nucléaire et le gaz sont nuisibles à l’environnement et détruisent l’avenir de nos enfants », a déclaré la ministre de l’environnement autrichienne, Leonore Gewessler.

« La France a énormément poussé parce que le nucléaire aura besoin d’aides d’Etat, et il est plus facile de les demander quand on est classé dans une taxonomie verte », a déclaré Nicolas Gildberg, consultant énergie chez Colombus consulting. Déjà, le commissaire européen Thierry Breton se félicite, dans un entretien au Journal du Dimanche, d’un investissement européen de 500 milliards d’euros d’ici 2050. Des milliards qui, selon les écologistes, devraient être investis dans des projets plus novateurs.


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