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L’Europe cherche du gaz, désespérément

jeudi, 17 février, 2022 - 09:54

La crise en Ukraine force l'Union européenne à diversifier ses ressources énergétiques, et particulièrement de nouveaux approvisionnements en gaz. La dépendance au gaz russe doit être réduite, mais les solutions ne sont pas prêtes.

Les prix du gaz et des carburants ne cesse de progresser et pourraient provoquer un choc pétrolier, semblable à celui des années 70. L’incertitude qui subsiste quant à l’intervention de la Russie en Ukraine bouleverse les marchés et les entendantes politiques. Les 27 sont obligés se reconsidérer leur dépendance au gaz russe qui fournit près de 40% de la consommation de l’UE en gaz. Il s’agit de relancer des partenariats avec des pays proches de l’Europe, car c’est l’acheminement du gaz qui complique les transactions.

« Les pays d’Afrique du Nord (Algérie, Libye) fournissent actuellement du gaz naturel à l’Europe via des gazoducs, mais n’ont pas la capacité technique d’augmenter leur production et leurs exportations. L’Europe ne peut donc pas compter sur eux pour obtenir des approvisionnements supplémentaires afin de remplacer le gaz russe » résume Simone Tagliapietra, de l’Institut Bruegel. Cependant, l’Espagne et l’Italie cherchent à augmenter leurs importations de Libye et d’Algérie et pourraient, à terme, ouvrir une voie vers le reste de l’Europe.

Le gazoduc Transmed, long de 2 000 km, relie l’Algérie à l’Italie. Alger est aujourd’hui le deuxième exportateur de gaz vers la péninsule italienne, après la Russie. 45% du gaz que l’Espagne importe et consomme provient d’Algérie. Deux gazoducs lient les deux pays. Le plus important est le gazoduc Maghreb-Europe, qui transporte en moyenne de 10 000 millions de mètres cubes par an vers la péninsule ibérique. Le second est le gazoduc sous-marin Medgaz, qui passe par Almería. Mis en service en 2010, il doit sécuriser l’approvisionnement de l’Espagne et de l’Europe. A terme, l’Espagne pourrait devenir un hub de distribution pour une partie du continent grâce, notamment, au gaz liquéfié.

D’autres sources existent

Outre les partenaires européens comme la Norvège, qui fournit 40% des besoins français, le Japon a proposé à l’Europe d’augmenter ses exportations de gaz naturel liquéfié grâce à des navires-citernes. Le Qatar prévoit d’augmenter sa production annuelle de gaz de 77 millions de tonnes à 127 millions de tonnes d’ici à 2027. L’Azerbaïdjan va augmenter les livraisons de gaz vers l’Europe via le Southern Gas Corridor (SGC). L’Australie se dit prête à soutenir le continent puisque le pays fait partie des trois grands producteurs, avec le Qatar et les Etats-Unis.

L’UE attend aussi beaucoup du projet EastMed. Ce gazoduc doit relier le réseau européen aux champs de gaz offshore découverts à Chypre, en Israël et en Égypte. S’il est achevé, il contournera la Russie et la Turquie en reliant les structures chypriotes au réseau européen. L’OTAN est également en train d’évaluer la possibilité de construire un gazoduc à travers la péninsule ibérique qui fournirait du gaz algérien et du gaz liquéfié au marché européen. Reste le gaz nigérien, en pleine croissance, qui se heurte néanmoins à des complications dans la production, au niveau écologique et social.

 


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