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Ukraine : l’Europe se prépare à un vaste mouvement de réfugiés

lundi, 28 février, 2022 - 11:57

La très grande majorité des réfugiés Ukrainiens veulent rester dans les pays voisins. L'Europe se prépare à un déplacement massif de population, mais la Pologne impose un tri sélectif parmi les nouveaux arrivants.

L’invasion de l’Ukraine a provoqué, depuis le premier jour de l’intervention russe, un important déplacement de personnes, à l’intérieur du pays comme aux frontières. Pour l’instant, on attend 7 millions de déplacés, 4 millions de réfugiés et 18 millions de personnes potentiellement affectées par la guerre. Cette crise humanitaire a déjà entraîné le départ en Pologne de 200.000 personnes, 71.000 en Hongrie, 47.000 en Roumanie et 41.000 en Moldavie, selon les Nations Unies. D’autres ont entrepris le voyage en Allemagne, en Italie ou en République tchèque pour rejoindre des membres de leurs familles.

Pour faciliter les démarches administratives, plusieurs pays européens ont adopté le projet d’octroyer une protection temporaire, décision qui devrait être adoptée le jeudi 3 mars. De son côté, le Royaume-Uni se protège avec une politique migratoire restrictive, conséquence du Brexit. Pourtant, la grande majorité des réfugiés ukrainiens préfèrent se protéger dans les pays voisins, en attendant de voir l’évolution du conflit. Ils espèrent retourner le plus rapidement de chez eux, leur départ ayant été souvent précipité. L’urgence est donc d’apporter une aide rapide à la Pologne et et les pays frontaliers, où la population et les autorités font le maximum pour gérer la crise.

La Pologne, point chaud de l’exode

Si la population polonaise et les autorités s’organisent pour l’accueil des Ukrainiens, la situation actuelle rappelle la crise migratoire de 2015. En effet, la Pologne et la Hongrie s’étaient alors prononcés pour un refus des réfugiés quittant la Syrie et les autres pays voisins. Car le passage à la frontière polonaise est une épreuve pour les réfugiés qui doivent souvent attendre plusieurs heures, parfois 24 heures, dans le froid hivernal, afin de régulariser leur arrivée. Les bus sont pris d’assaut, les embouteillages fréquents. Et il s’agit surtout des femmes et enfants, et des personnes âgées, car tous les hommes ukrainiens de 18 à 60 ans sont tenus de rester dans leur pays pour le défendre.

Une autre situation dramatique se dessine depuis plusieurs jours : parmi les civils qui fuient la guerre se trouvent plus de 10.000 étudiants arabes, dont de nombreux Marocains et Egyptiens, mais aussi des Irakiens ou des Syriens. Les témoignages se multiplient pour dénoncer le sort des étudiants qui accusent la Pologne de leur refuser l’entrée sur son territoire et l’Ukraine de leur refuser l’accès aux trains. “Les Africains et les maghrébins semblent être discriminés”, rapporte, ce dimanche, le journaliste de France 24 Tahar Hani, présent au niveau du passage frontalier entre l’Ukraine et la Pologne.


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