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L’Europe fortement menacée par le changement climatique

mercredi, 2 mars, 2022 - 15:01

Le nouveau report du Giec est formel : pour l'instant, l'adaptation européenne est insuffisante. Le manque d'engagement du secteur privé et des citoyens, l'absence de volonté politique et les ressources limitées en faveur de l'écologie risque d'entraîner un avenir sombre pour l'Europe.

L’invasion de l’Ukraine risque de marginaliser le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), publié le 28 février. Sept mois après la publication du premier volet consacré aux connaissances scientifiques sur le sujet, ce nouveau document se focalise sur les risques climatiques et le niveau d’adaptation des sociétés. Le constat est sans appel : la moitié de la population mondiale a déjà souffert de pénurie d’eau à un moment donné dans l’année passée. La moitié de la faune et de la flore a déjà fui vers des températures plus clémentes. Les vagues de chaleur se sont intensifiées en ville, touchant davantage la santé des urbains. « Il est clair maintenant que des changements mineurs, marginaux, en réaction ou en supplément ne seront pas suffisants », écrivent les experts.

En Europe, les risques identifiés sont les vagues de chaleur, la perte des rendements agricoles, la pénurie d’eau et les inondations. Les régions du sud seront les plus touchées mais, si la température dépasse 3°C au-dessus de celle de l’ère préindustrielle, les risques climatiques seront si graves que même une adaptation maximale ne suffira pas.

Des conséquences dramatiques

Ainsi, le risque de mortalité lors des vagues de chaleur sera multiplié par deux, voire trois. Les pays du sud de l’Europe souffriront d’un effondrement des productions agricoles qui ne sera pas compensé par un meilleur rendement au nord. La pénurie d’eau affectera un tiers de la population du sud du continent à +2°C et les deux tiers à +3°C. En milieu urbain, le manque d’eau sera extrêmement aigu dans l’ouest, le centre et le sud de l’Europe. Si rien n’est fait dans la décennie qui vient, les dégâts causés par les inondations côtières seront multipliées par 10 d’ici la fin du siècle.

Pour la première fois, les experts du Giec envisagent la décroissance comme solution partielle contre le réchauffement climatique. La modernisation des secteurs clés (énergie, agriculture, usages des ressources naturelles) est bien sûr la condition principale de l’effort climatique. Mais la décroissance, qui privilégie la redistribution plutôt que la croissance du PIB, serait la solution la plus efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Ce nouveau rapport montre que s’adapter est possible pourvu que le réchauffement soit limité à 1,5-2 °C. Et tout délai supplémentaire pour atténuer le changement climatique limitera nos options d’adaptation et compromet l’avenir », résume Nathalie Hilmi, du Centre scientifique de Monaco et coautrice du rapport.


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