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Ukraine : un accueil des réfugiés inégal

lundi, 7 mars, 2022 - 10:27

La générosité de l'Europe vis-à-vis de l'Ukraine est sans précédent. Mais aux frontières de la Pologne, les réfugiés "non-blancs" sont refoulés, souvent avec violence et mépris. Cette crise raciale est la raison principale de l'abstention de dix-sept pays africains lors du vote de la résolution 'Agression contre l'Ukraine" aux Nations unies.

Depuis le début du conflit, plus de 1,5 million de personnes ont fui l’Ukraine et, selon l’ONU, il s’agit de la crise de réfugiés la plus rapide en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Et on s’attend à ce que 4 millions de personnes quittent le pays dans un futur proche. La plus grande partie d’entre elles, surtout des femmes et des enfants, a traversé la frontière polonaise. L’accueil de ces réfugiés est relaté dans tous les médias et la Pologne a accueilli à elle seule 922.400 de ces réfugiés.

A travers l’Europe, le soutien envers ces réfugiés est immense et les dons affluent de toute part. Depuis le 3 mars, l’Union européenne (UE) a accordé automatiquement une « protection temporaire » aux Ukrainiens, qui leur donne droit de séjour dans les 27 pays. L’Europe, qui n’a pas réussi à s’entendre et de répartir l’accueil des demandeurs d’asile lors des crises migratoires précédentes, est parvenue à un consensus rapide pour venir en aide aux Ukrainiens. A part le Royaume-Uni qui, pour l’instant, subit des critiques à cause son manque de volontarisme : cherchant à rejoindre leurs familles outre-Manche, quelque 150 Ukrainiens fuyant leur pays ont été invités ces derniers jours par des représentants britanniques « à faire demi-tour » et à « se rendre à Paris ou Bruxelles ».

Des centaines d’étudiants africains refoulés aux frontières

Seule ombre à cette politique européenne généreuse : les centaines d’étudiants africains résident en Ukraine. Aux frontières de la Pologne et de la Hongrie, ces « non-blancs » subissent le comportement raciste des garde-frontières et de nombreux témoignages ont été postés sur les réseaux sociaux sous le hashtag #AfricansinUkraine. Les étrangers (Indiens, entre autres) sont mis à l’écart et attendent pendant des jours l’ouverture des barrières. Plusieurs ressortissants africains ont notamment raconté avoir été empêchés de monter dans des trains et des bus quittant le territoire ukrainien. L’Union africaine s’est élevée contre tout « traitement différent inacceptable » et dix-sept pays africains se sont abstenus de condamner l’agression contre l’Ukraine lors de l’assemblée générale des Nations unies, à New York, le 2 mars.

La Convention de Genève sur le statut des réfugiés prohibe explicitement toute discrimination « quant à la race, la religion ou le pays d’origine ». Cette crise raciale à l’intérieur de la crise migratoire rappelle que si l’Europe parvient aujourd’hui à s’unir pour soutenir l’Ukraine, elle ne parvient pas, pour autant, à insuffler une nouvelle politique migratoire. En 2015, la Pologne et la Hongrie ont fermé leurs portes aux Afghans et aux Syriens. Aujourd’hui, les politiciens de droite ou d’extrême droite européens, farouches opposants à l’immigration, accueillent les réfugiés ukrainiens les bras ouverts.  Selon Le Monde, c’est le même fantasme d’une Europe « blanche » excluante et fermée.


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