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L’Europe invitée à Versailles

samedi, 12 mars, 2022 - 15:33

Emmanuel Macron a accueilli les Vingt-Sept afin de faire un front commun face à Moscou et pour faire avancer l'idée d'une force militaire européenne. Mais l'Europe n'est pas encore prête pour un embargo immédiat des importations d'hydrocarbures russes.

En grande pompe, les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont réunis au château de Versailles le jeudi 10 et vendredi 11 mars pour faire face à l’offensive russe en Ukraine. Echaudé lors de ses négociations avec Vladimir Poutine avant le début du conflit, Emmanuel Macron a tenté de reprendre la main, d’autant plus que la France a pris la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2022. « Ce sommet est très important, car il arrive en pleine guerre et que nous devons prendre des décisions fortes. Ces décisions, nous devons les prendre dans les jours, les semaines qui viennent », a dit le chef de l’Etat. Les deux journées, et les soirées aussi, ont été consacrées au conflit afin d’inciter le président russe à accepter un cessez-le-feu qui paraît peu probable actuellement.

De fait, malgré une entente de façade, les Vingt-Sept excluent pour l’instant l’idée d’une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne. Le processus serait trop long et risquerait d’envenimer encore plus les relations avec Vladimir Poutine. De même, il paraît difficile pour l’Europe de suivre les Etats-Unis dans un embargo des importations d’hydrocabures russes. Si les Etats-Unis disposent de réserves de pétrole et de gaz, ce n’est pas le cas de L’europe, qui devra trouver des alternatives rapidement avant de s’engager sur cette voie. L’option la plus raisonnable semble être un arrêt graduel des importations. Un blocus s’avère donc impossible, et les différents pays européens cherchent à multiplier les mesures contre les oligarques russes en gelant leurs avoirs. Mais même cette contre-attaque semble prendre du temps alors que le conflit entre dans sa troisième semaine.

Augmentation du budget militaire afin d’aider Kiev

Le sommet de Versailles se devait de trouver une décision concrète afin de rassurer le président Volodymyr Zelensky, qui exige, entre autres, une « no Fly zone » au-dessus de l’Ukraine. Avant de se quitter, les Vingt-Sept ont décidé de doubler, pour la porter à un milliard d’euros, l’enveloppe destinée à financer la livraison d’armes à l’Ukraine. Plusieurs dirigeants européens ont évoqué depuis deux semaines la « nouvelle ère » déclenchée par l’agression russe.

Cette « nouvelle ère » doit passer par réduire la dépendance européenne au gaz russe de deux tiers d’ici la fin de cette année et y mettre fin d’ici à 2027. « C’est faisable », a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui doit présenter des propositions concrètes en ce sens dans les semaines à venir. Mais dans chaque pays, il s’agit désormais aussi de préparer les opinions publiques au coût de cette guerre alors que les cours du pétrole ne cessent de progresser, ainsi que les entrées agricoles.


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