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L’Espagne pourrait être la réponse à la pénurie de gaz en Europe

mardi, 15 mars, 2022 - 15:52

L'Europe doit relever deux défis : trouver une alternative aux approvisionnements en gaz russe et freiner la demande au niveau national pour résister à la tempête économiquement et socialement. Mais le développement des connections entre l'Espagne et le reste de l'Europe doit être le résultat d'un accord politique commun.

A cause de la hausse des prix des hydrocarbures et de l’arrêt du gazoduc Nord Stream 2, l’Union européenne cherche activement à se libérer de sa dépendance face à la Russie. Malgré les oppositions politiques qui se multiplient entre le Maroc et l’Algérie, l’Espagne cherche à développer ses connections avec le reste de l’Europe et pourrait devenir la nouvelle plaque tournante du gaz avant la fin de cette décennie. Le pays dispose déjà de 45% du stockage de gaz naturel en Europe et d’un tiers des travaux de regazéification européens, – le processus qui convertit le gaz liquide en gaz naturel.

« Nous disposons d’un système extrêmement polyvalent et flexible, explique Arturo Gonzalo, PDG, opérateur national de gaz espagnol Enagas. Nous pouvons gérer du gaz provenant de diverses sources. L’année dernière par exemple, nous avons reçu du gaz de 14 pays différents. Nous avons également deux connexions par gazoducs avec la France. Donc sans aucun doute, nous sommes un acteur clé lorsqu’il s’agit de diversifier l’approvisionnement en gaz naturel de l’Europe ».

L’Espagne possède l’une des infrastructures gazières les plus étendues d’Europe, avec une énorme capacité de stockage pour le gaz arrivant par bateaux ainsi que deux gazoducs qui relient les gisements de gaz d’Afrique du Nord. Mais l’approvisionnement se heurte à un goulet d’étranglement lorsqu’il atteint les Pyrénées. De nouvelles connexions plus importantes avec le réseau européen sont nécessaires si l’Espagne veut vraiment contribuer à la sécurité énergétique en Europe.

Les alternatives au gaz russe existent 

Les Etats-Unis se proposent d’aider l’Europe et la présidente de la commission Européenne, Ursula von der Leyen, a accepté la proposition du président américain, Joe Biden. Mais les livraison se feraient par bateau, ce qui ne peut être une alternative pérenne. L’Union européenne discute aussi avec des partenaires comme l’Azerbaïdjan, la Norvège et l’Afrique du Nord. Le Quatar est une autre option, le pays étant l’un des plus grands producteurs de gaz naturel liquéfié au monde. Les trois-quarts de sa production sont exportés en Asie, mais seulement 5% en direction de l’Europe.

C’est pourquoi l’alternative espagnole semblera plus crédible actuellement. « Nous parlons de garantir l’approvisionnement énergétique en Europe, et cette nouvelle infrastructure peut être cruciale, observe Oscar Barrero, responsable du conseil en énergie et services publics, PWC. Je pense donc qu’à l’heure actuelle, c’est la volonté politique qui est beaucoup plus importante et, probablement, l’accès au financement. »

Sur la table, un dossier que l’on croyait définitivement enterré a été ressuscité : le MidCat. Lancé par l’Espagne, le Portugal et la France en 2003, ce projet de gazoduc traversant les Pyrénées entre la Catalogne et le sud-ouest de l’Hexagone devait permettre de relier les réseaux espagnols et portugais au réseau européen et aider à désenclaver la péninsule Ibérique, véritable « île énergétique », qui compte moins de 5 % d’interconnexions – loin des 15 % demandés par l’Europe.


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