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Ukraine : le risque de famine pour de nombreux pays

dimanche, 20 mars, 2022 - 15:32

En Europe, les prix des produits agricoles flambent, et les charges sont de plus en plus lourdes pour de nombreuses professions. Mais le risque de famine à travers le monde est aussi un facteur d'instabilité sociale et politique, et les programmes d'aide aux populations africaines et du Moyen-Orient sont déjà dépassés.

Une chose que l’on savait avant le conflit : l’Ukraine et la Russie sont les greniers à blé de l’Europe. il s’agit des terres au monde les plus fertiles, souvent appelées « terres noires », le Tchernoziom, riches en matières organiques. A elles seules, l’Ukraine et la Russie assurent 29% des exportations mondiales de blé. Les conséquences de la guerre ne se limitent pas au risque de pénurie de gaz et de pétrole, venant de Russie, mais l’explosion des prix des produits alimentaires se fait déjà sentir partout, en France aussi, ce qui inquiète le monde agricole.

L’ONU a déjà lancé l’alerte. Lundi dernier, le secrétaire général, Antonio Guterres, a redouté un « ouragan de famines » et un « effondrement du système alimentaire mondial ». Un peu plus tôt, le Programme alimentaire mondial (PAM) affirmait :  « Les balles et les bombes en Ukraine peuvent amener la crise alimentaire mondiale à des niveaux jamais vus auparavant », selon David Beasley. Même éco de la part du ministre français de l’agriculture : « Cela fait plusieurs mois que j’alerte sur une crise alimentaire et aujourd’hui avec ce qui se passe en Ukraine, c’est probablement un risque de famine que nous avons à l’international. »

L’Afrique et le Moyen-Orient particulièrement concernés

De nombreux pays ont été déjà affaiblis par la crise du Covid, et les populations déjà précaires doivent faire face à une inflation des prix dans tous les domaines, y compris alimentaire. Certains pays arabes et d’Afrique subsaharienne ont peu de chance de trouver de nouveaux débouchés, ces pays achetant souvent du blé venant des zones de conflit. L’ONU précise que « 45 pays africains et pays les moins avancés importent au moins un tiers de leur blé d’Ukraine ou de Russie – 18 de ces pays en importent au moins 50%. Cela comprend des pays comme le Burkina Faso, l’Egypte, la République démocratique du Congo, le Liban, la Libye, la Somalie ».  Et il y a les pays déjà en guerre, comme le Yémen, où plus de 380.000 personnes sont décédées depuis le début du conflit en 2014 et où la famine est  la pire au monde actuellement. Le Soudan du Sud est miné par les conflits, les catastrophes climatiques et l’inflation. En Somalie, plus de 4 millions de personnes sont affamés par la sécheresse.

L’aide sera difficile  parvenir dans ces pays, comme le Liban, en déroute gouvernementale. Et le PAM avait déjà des difficultés pour financer les besoins avant même la guerre en Ukraine. « A plus long terme, c’est bien sûr la double question de la pauvreté et de l’agriculture qui est reposée. La pauvreté entrave l’accès des populations et les choix de production agricole peut limiter l’offre de certaines productions de base. »


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