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Les élections en Hongrie et en Serbie influencées par le confit en Ukraine

lundi, 4 avril, 2022 - 12:17

Il y avait peu d'espoir de voir les leaders populistes de Serbie et de Hongrie inquiétés. Et la proximité de ces pays avec le conflit a conforté les partis au pouvoir qui conservent de bonnes relations avec "l'agresseur Poutine". Un échec pour l'Union européenne qui peine à créer un front commun face à la Russie.

Ce dimanche, des élections cruciales avaient lieu en Hongrie et en Serbie où les dirigeants populistes ont été réélus, souvent avec des marges confortables. En Serbie, Aleksander Vuvic a été réélu au premier tour avec près de 60% des voix, d’après les résultats partiels. Son parti est arrivé largement en tête des législatives et son principal rival, l’ancien général Zdravko Ponos, candidat surprise et sa coalition Serbie Unie, une alliance démocratique et pro-européenne, n’a recueilli que 17% des voix.

Ces élections étaient aussi l’occasion de renouveler le Parlement serbe et le parti au pouvoir, le Parti serbe du progrès (SNS, centre droit), du président Vuvic, est arrivé en tête avec 45% des voix. Aucun parti d’opposition ne dépasse les 15%.

En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orban a largement remporté les législatives avec plus de 56% des suffrages, lui offrant un quatrième mandat consécutif à la tête du gouvernement. Son parti Fidesz récolte 111 sièges sur les 199 du Parlement. L’opposition, qui a fait front commun au sein d’une coalition inédite de six partis, ne récolte que 33% des voix, soit 63 sièges. S’exprimant dans la soirée devant ses partisans réunis à Budapest, Viktor Orban n’a pas caché sa joie. « Je crois que nous n’avons jamais été aussi forts que ce soir, a-t-il dit. Nous devons nous battre contre toutes ces forces contre nous : Bruxelles, les médias, le président ukrainien. »

Des élections à l’ombre de Poutine

Le début de la campagne électorale en Serbie s’était concentrée sur l’environnement, la corruption et les droits dans ce pays candidat à l’Union européenne. Mais l’invasion de l’Ukraine a tout changé et Aleksander Vivic s’est emparé du conflit en jouant des influences rivales entre l’Ouest et l’Est. Le gouvernement a manœuvré avec précaution pour gérer la crise en Ukraine en condamnant officiellement la Russie à l’ONU tout en s’abstenant de toute sanction contre Moscou alors que de nombreux Serbes soutiennent la guerre du Kremlin.

En Hongrie aussi, où les questions liées aux droits LGBT sont très surveillées par l’Union européenne, le conflit en Ukraine a pesé lourd dans les élections. « La guerre a éclaté, et la guerre a tout changé », a résumé M. Orban vendredi au cours de son unique rassemblement de campagne. La Hongrie refuse de livrer des armes à l’Ukraine et de voter des sanctions qui priveraient les Hongrois du pétrole et du gaz russe.


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