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Le GIEC lance un ultime compte à rebours

mercredi, 6 avril, 2022 - 11:36

Ce troisième rapport, rédigé par 278 chercheurs de 65 pays, qui s'adresse aux décideurs, est le plus politique. Le GIEC appelle à des mesures immédiates dans tous les secteurs pour "garantir un avenir viable".

Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le 4 avril son troisième et dernier volet de son sixième rapport d’évaluation, qui se concentre sur les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Plus précisément, ce dernier opus s’adresse aux grands secteurs polluant (énergie, transport, industrie, agriculture…), sans oublier les questions de l’acceptabilité sociale, de la sobriété et de la place des technologies, comme le captage et le stockage du CO2. En effet, les émissions de CO2 du secteur de l’énergie ont bondi de 6 % en 2021, un record historique. Elles devraient encore augmenter de 14 % d’ici à 2030, par rapport à 2010 – si les pays appliquent leurs plans climat –, alors qu’il faudrait les réduire de 45 % pour garder une chance de ne pas dépasser 1,5 °C de réchauffement. Les promesses des Etats mettent actuellement la planète sur la voie d’un réchauffement de 2,7 °C, à la fin du siècle.

Car l’accélération du réchauffement climatique met en question l’accord de Paris de 2015 qui se trouvé désormais dépassé. Dans tous les scénarios envisagés par le GIEC – du plus optimiste ou plus pessimiste -, la température mondiale devrait atteindre +1,5°C ou +1,6°C par rapport à l’ère pré-industrielle autour de 2030. Soit dix ans plus tôt qu’estimé précédemment. Sans renforcement des politiques actuelles, le réchauffement pourrait même atteindre 3,2°C d’ici 2100, soit deux fois plus que l’objectif idéal de l’accord de Paris.

Il ne reste plus que trois ans

Et le compte à rebours s’accélère : « Dans les scénarios que nous avons évalués, limiter le réchauffement à 1,5 °C nécessite que les émissions de gaz à effet de serre plafonnent avant 2025 au plus tard ». Le GIEC ne donne à la planète que trois ans pour réduire la consommation des énergies fossiles afin d’atteindre une réduction de 43% en 2030. « C’est maintenant ou jamais si nous voulons limiter le réchauffement à 1,5 °C, a commenté Jim Skea, co-auteur du dernier rapport. Sans des réductions d’émissions immédiates et importantes dans tous les secteurs, ce sera impossible. »

« Les décisions que nous prenons aujourd’hui peuvent nous assurer un futur vivable », a commenté Hoesung Lee, le président de l’instance onusienne. « Nous avons les outils et le savoir-faire pour limiter le réchauffement », selon lui. Malheureusement, l’écho médiatique de ce dernier rapport semble noyé par l’actualité mondiale et l’urgence de trouver, pour l’Europe, de nouvelles sources d’énergie à cause du conflit en Ukraine. Critiqué pour son manque d’action dans le domaine de l’écologie, le Président candidat à sa réélection, Emmanuel Macron, n’a pas communiqué sur le rapport, ni les membres de son gouvernement.


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