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La Hongrie toujours dans le viseur de Bruxelles

mercredi, 13 avril, 2022 - 11:21

L'Union européenne et Budapest s’affrontent depuis plusieurs années sur les atteintes portées aux valeurs fondamentales européennes et la position ambiguë de Viktor Orban dans le conflit avec la Russie fragilise d'autant plus la cohésion des 27 face à la crise internationale.

La victoire de Victor Orban aux élections législatives du dimanche 3 avril a été sans appel et son parti, le Fidesz, a remporté 53,1% des suffrages, contre 35% pour la coalition des 6 partis d’opposition. Le Premier ministre, qui a obtenu ainsi un quatrième mandat consécutif, a tout de suite lancé un message de défiance face à la Commission européenne : « Chers amis, nous avons remporté une victoire exceptionnelle – une victoire si grande qu’on peut sans doute la voir depuis la lune, et en tout cas certainement depuis Bruxelles ». Une déclaration peu appréciée par Ursula von der Leyen, qui n’a pas adressé de félicitations traditionnellement prononcées aux vainqueur d’une élection législative.

Mais Orban n’est pas parvenu à faire passer un référendum qui ciblait très précisément la communauté LGBT du pays. Les questions étaient particulièrement précises : « Soutenez-vous la tenue de séances d’orientation sexuelle pour les enfants mineurs dans l’enseignement public sans accord parental ? » ; « Soutenez-vous la promotion des traitements de changement de sexe pour les mineurs ? » ; « Soutenez-vous l’introduction sans restriction de contenus à caractère sexuel dans les médias en direction de mineurs et qui affectent leur développement ? » ; « Soutenez-vous l’affichage de contenu médiatique sensible au genre pour les mineurs ? ». Un référendum « malsain » pour les ONG qui avaient demandé aux électeurs d’invalider leurs bulletins en cochant deux cases au lieu d’une.

Répressions après le référendum 

Pour être valide, le scrutin devait mobiliser au moins 50% du corps électoral. Au total, seuls 44% des votants du 3 avril ont exprimé un vote valide et 20% des électeurs ont invalidé leur vote. Les seize ONG qui se sont opposées au référendum « anti-gay » ont été tout de suite condamnées par le Comité national pour les élections (NEC) du pays qui leur reproche d’avoir appelé à voté blanc. Les associations visées, notamment Amnesty International et Háttér Society, sont ainsi condamnées à débourser 9 millions de forint chacune, soit environ 24.000 euros. Elles comptent faire appel de cette décision. « Cette amende vise à réduire au silence l’énorme communauté de personnes qui ont utilisé leur doit de libre expression pour vaincre démocratiquement contre le référendum anti-LGBTQI+ du gouvernement », a déclaré Amnesty International. « Cela souligne à quel point les valeurs démocratiques de l’Union européenne sont mises à mal en Hongrie », regrette Maria Walsh, vice-présidente de l’Intergroupe LGBTI au Parlement européen (PPE, droite).

Les associations bénéficient du soutien de la Commission européenne qui a annoncé, mardi 5 avril, la première activation du mécanisme de conditionnalité des fonds européens au respect de l’état de droit. Une procédure inédite enclenchée à l’encontre de la Hongrie, et qui pourrait suspendre le versement de fonds européens. Si la procédure risque d’être longue, l’échec du référendum anti-gay a été un soulagement pour l’opposition à Orban. « Le référendum a redonné espoir à de nombreuses personnes. Nous continuerons à travailler pour une Hongrie sûre et libre pour tous », pointe Luca Dudits, directrice de Háttér Society.

 


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