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La guerre en Ukraine accentue la pauvreté dans le monde

vendredi, 15 avril, 2022 - 13:09

263 millions, c'est le nombre de personnes dans le monde qui risquent de basculer dans la misère à cause du conflit, du Covid et de la hausse du prix des matières premières. OXFAM demande l'annulation de la dette des pays les plus pauvres.

Le conflit en Ukraine ne cesse de provoquer des mouvements sociaux importants, comme au Pakistan et au Sri Lanka, désormais au bord de la faillite, tiraillé entre le choix de l’aide provenant de l’Inde ou de la Chine. Le rapport publié par OXFAM, ce mercredi, prédit que plus de 250 millions de personnes basculeront cette année dans l’extrême pauvreté. Au total, ce seront 860 millions de personnes qui vivront avec moins d’1,9 dollar par jour d’ici la fin 2022.

Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’est pas le seul facteur. La pandémie du Covid reste la principale cause de l’extrême pauvreté et partout, dans le monde occidental ou ailleurs, les inégalités ont augmenté, poussées par les denrées alimentaires toujours plus chères. Avec la hausse des demandes énergétiques, OXFAM réclame des « mesures d’urgence » en amont des réunions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) qui auront lieu la semaine prochaine. L’ONG suggère notamment l’annulation des remboursements de la dette des pays les plus pauvres. Gabriela Bucher, directrice générale d’Oxfam a déclaré : « Si des mesures radicales, concrètes et immédiates ne sont pas prises, nous risquons de voir l’extrême pauvreté et les souffrances se propager avec une violence inédite ». En effet, le rapport souligne que ces Etats endettés « pourraient être contraints de réduire leurs dépenses publiques pour faire face à la hausse des coûts d’importation de carburant et de l’alimentation ». L’annulation des remboursements pour 2022 et 2023 libèrerait quelque 30 milliards de dollars pour ces pays.

L’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine très affectées

Sur ces continents, 250 millions (c’est-à-dire la somme des populations de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Espagne) souffrent particulièrement des prix alimentaires. Aux Etats-Unis, les plus pauvres consacrent moins de 30 % de leur revenu à l’alimentation. Au Pérou, cette proportion est proche de 60 % et au Mozambique, elle est supérieure à 60 %. Tout le Sahel est affecté, ainsi que l’Est de l’Afrique, le Yemen ou la Syrie, où les famines existent déjà.

Les deux dernières années ont déjà fait reculer de plusieurs décennies la lutte contre la pauvreté dans le monde. Le plus grave, selon OXFAM, c’est que « des milliers de milliards de dollars ont été accaparés par un petit nombre d’hommes puissants qui n’ont aucun intérêt à interrompre cette trajectoire ».


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