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Macron vs Le Pen, vu de l’étranger

vendredi, 22 avril, 2022 - 11:11

Le débat télévisé du 20 avril a peu enthousiasmé les Français et Emmanuel Macron creuse son avantage face à sa rivale d'extrême droite, Marine Le Pen. Les médias étrangers sont critiques, mais accordent l'avantage au Président sortant.

Le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le 20 avril, a été boudé par les téléviseurs français, c’est d’ailleurs le plus mauvais score depuis 1974. En 2017, près de 16,5 millions de téléspectateurs avaient suivi le débat qui opposait déjà Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Selon Médiamétrie, le débat a été suivi par près de 15,6 millions de téléspectateurs.

Symbole d’un duel présidentiel qu’une grande majorité de Français ne voulaient pas, le long débat a surtout été marqué par la volonté de ne pas faire d’erreur ou de gaffe qui pourrait réduire l’avance du Président sortant. A l’étranger, l’élection est suivie, particulièrement en Europe, mais les avis sont souvent critiques. En Allemagne, le duel a été diffusé sur la chaîne parlementaire Phoenix, avec des correspondants de presse à Paris.  Pour Nadia Pantel du Süddeutsche Zeitung, « la normalisation absolue des positions de l’extrême droite dans l’opinion publique française est enfin achevée. » Et regrette que l’affrontement ait été peu conflictuel : « Même lorsqu’il s’agit de la question de la position de Le Pen sur le président russe Vladimir Poutine, Macron opte pour une sorte d’attaque apolitique. Il pourrait rappeler que Le Pen a ouvertement exprimé son admiration pour son modèle de société autoritaire, que leur idéologie ressemble à celle de Poutine. Au lieu de cela, Macron insiste sur le fait que Le Pen est lourdement endettée auprès d’une banque proche du régime russe. »

Idem pour The Guardian, « Le Pen n’a pas pu effacer son air narquois et ni s’empêcher de se moquer de Macron quand il prenait la parole, et Macron n’a pas réussi à perdre son habitude d’expliquer en détail ses politiques à la façon d’un directeur d’école. » Le match a illustré un spectacle sans vrai sommet, avec « un qui inspire la peur et l’autre le dégout ». En Italie, La Republica note que l’échange était de meilleure qualité que celui de 2017, mais reste néanmoins décevant : Marine Le Pen espérait « faire preuve de solidité, de fiabilité et de compétence sur les différents dossiers (…) n’y est pas totalement parvenue » et Emmanuel Macron de son côté, a gardé « son image de président déconnecté de la réalité », une étiquette « dont il ne parvient pas à se défaire ».

« Ironie et dédain »

Le New York Times, très critique sur le bilan d’Emmanuel Macron depuis plusieurs semaines, déplore qu’aucun des candidats n’ait porté un « coup qui met KO » à l’issue d’un débat de près de trois heures. Roger Cohen, correspondant du journal à Paris décrit un président candidat « croisant ses bras, qui s’avachissait parfois ou la main sur le menton », qui alternait entre « ironie » et « dédain », prenant le « risque de paraitre arrogant ou condescendant, une critique fréquence ces cinq dernières années. » Marine Le Pen a tenu la longueur, malgré qu’elle ait « semblé perdue sur l’augmentation de la dette à cause du Covid ». Selon lui, au bout du compte, le sentiment à l’issue du débat est que le match s’est terminé sur une « égalité ».

Le quotidien québécois Le Devoir souligne l’espèce de léthargie qui s’est installée dans cet entre-deux-tours  : « Signe d’un débat plus civilisé qu’il y a cinq ans, à aucun moment Emmanuel Macron n’a qualifié Marine Le Pen d’’extrême droite’, comme l’ont fait plusieurs de ses porte-parole depuis deux semaines. Évoquant leurs différends, il a même parlé de « désaccords sincères, respectables ».


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