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L’Europe soulagée par la réélection d’Emmanuel Macron

mardi, 26 avril, 2022 - 09:10

La victoire d'Emmanuel Macron a été saluée par tous les dirigeants européens. Mais les médias étrangers s'inquiètent de la progression de l'extrême droite, qui n'a fait que progresser sous le premier mandat du leader d'En marche. Un "goût amer" , un avertissement pour les présidentielles de 2027.

Quelques jours avant le vote, les Bourses financières avaient signalé leur inquiétude face à une victoire possible de Marine Le Pen. Mais la réélection d’Emmanuel Macron à la présidence française a été saluée par l’ensemble des dirigeants européens  et tous médias ont exprimé un « ouf! » de soulagement.  C’est d’ailleurs « le mot qui résume le résultat de l’élection présidentielle française » selon le grand quotidien allemand, Die Welt. C’est que l’Union européenne a échappé au pire. Le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine titre sur « un soulagement pour l’Europe » et son compatriote Süddeustche Zeitung présente le scrutin comme un rejet de « la nationaliste et eurosceptique Marine Le Pen » en faveur de « l’europhile Emmanuel Macron ».

La progression de Marine Le Pen inquiète toujours

Les médias européens et américains se disent « soulagés, mais pas enchantés » résume l’hebdomadaire Der Spiegel. Et d’ajouter : « Si Le Pen avait gagné, cela aurait constitué la victoire la plus éclatante de Poutine, sans la moindre effusion de sang. L’UE serait anéantie, l’Allemagne privée de son principal partenaire, les armes nucléaires entre les mains d’une nationaliste pro-Poutine». Le quotidien britannique The Guardian insiste sur le « record historique » de l’extrême droite , avec 41,45% des voix pour Marine Le Pen. « Macron gagne mais n’a pas grand-chose à fêter », titre le quotidien allemand Bild à propos du score du Rassemblement national, ajoutant que « le président n’a pas fait grand-chose pour corriger son image de représentant arrogant » : « L’idée qu’un parti qui recueille les votes de colère (de droite ou de gauche) puisse arriver au pouvoir en France n’est donc plus aberrante depuis longtemps. » Et le pays paraît plus fracturé que jamais : Pour le quotidien espagnol El Pais, la lassitude des électeurs est profonde : « L’abstention de près de 28%, la plus haute depuis 1969, prouve le désintérêt d’une partie de l’électorat et le refus d’une autre partie de choisir entre les deux finalistes ».

L’enjeu du prochain mandat est clair pour The Times : lors de son discours de victoire au pied de la tour Eiffel, Emmanuel Macron a promis de répondre  »efficacement » à la »colère et au désaccord » des électeurs qui ont choisi l’extrême droite ». Mais la tâche semble difficile, sinon impossible. Le quotidien suisse Le Temps rappelle que l’actuel locataire de l’Elysée ne peut pas, néanmoins, se satisfaire de son excellent score de 58 % sans regarder le pays tel qu’il est  :  plus polarisé que jamais ». Le quotidien belge Le Soir dit que la victoire a un « goût amer », et une « sorte de défaite ». Et El Pais d’insister : le score d’Emmanuel Macron ne donne « aucune raison de se réjouir » et doit servir de mise en garde. La « majorité au second tour ne signifie pas un vote de soutien à Emmanuel Macron et à son programme, mais surtout un rejet de l’extrême droite ». Pour Politico Europe, la France peut toujours élire, dans le futur, une force nationaliste et eurosceptique : « Une populiste d’extrême droite a remporté un pourcentage de voix sans précédent. Il n’y a aucune raison de croire que, la prochaine fois, ce score ne pourrait pas être plus élevé».


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