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Mutuelles : le géant français Covéa fait des affaires en Italie

mercredi, 27 avril, 2022 - 13:25

Par  admin

Le groupe mutualiste Covéa multiplie les opérations stratégiques dans la péninsule, où il vient de se séparer de ses parts dans Banco BPM, tout en rachetant celles que la famille Agnelli possédait dans le réassureur PartnerRe. En diversifiant ses activités et en misant sur la complémentarité et une gestion globale des risques, Covéa améliore sa résilience et se positionne comme l’un des leaders mondiaux du secteur.

Comme un air de dolce vita : pour les mutualistes tricolores, le soleil semble au beau fixe de l’autre côté des Alpes. Le groupe français Covéa (Maaf, MMA et GMF) a annoncé mi-avril avoir conclu la revente des parts qu’il détenait dans Banco BPM, la troisième banque italienne. Plus précisément, Banco BPM a exercé son droit de rachat des 81% de Covéa dans leur coentreprise d’assurance, un ensemble composé de Bipiemme Vita et de Bipiemme Assicurazioni, pour un montant qui avoisine les 310 millions d’euros. Soumise à l’approbation des autorités de contrôle transalpines – qui devraient rendre leur verdict d’ici au mois de juillet prochain –, l’opération fait suite à un premier accord conclu en juin 2021 entre Covéa et Banco BPM. « L’activité développée en Italie a pleinement contribué à la solidité du Groupe », s’est félicité Thierry Francq, DG Activités internationales de Covéa : « elle démontre notre capacité de pilotage et d’exécution sur les marchés étrangers et l’apport de ces activités à notre modèle ».

L’opération fait également, selon les milieux financiers, figure de bonne affaire pour le groupe mutualiste français, arrivé en Italie en 2011. Au terme de dix années de partenariat entre Covéa et Banco BPM, leurs activités auront ainsi enregistré une belle croissance de 73%, pour atteindre, fin 2021, un chiffre d’affaires de 912 millions d’euros. Un investissement fructueux pour le groupe français, qui lui aura assuré un rendement annuel moyen supérieur à 5%, confortant les ambitions de Covéa à l’international. L’opération s’inscrit, justement, dans la volonté du groupe français de recentrer ses activités internationales autour de sa filiale britannique Covéa Insurance et, surtout, de miser dans le secteur stratégique de la réassurance, désormais perçu comme un levier prioritaire de développement industriel à l’étranger. Et en termes de réassurance aussi, l’Italie semble sourire au groupe français.

Diversification, complémentarité et résilience

Voici quelques semaines, Covéa a annoncé son intention de racheter à la famille Agnelli les parts que celle-ci possède dans le réassureur PartnerRe. Fin 2021, Covéa et la holding d’investissement Exor, qui regroupe sous la houlette des descendants de Giovanni Agnelli certaines des pépites les plus emblématiques de la péninsule – Ferrari, Stellantis, Juventus de Turin, etc. –, ont ainsi officialisé un protocole d’accord dont le montant devrait atteindre 9 milliards de dollars (environ 7,7 milliards d’euros). Repoussé courant 2020 en raison de l’incertitude liée à la crise sanitaire, le deal devrait positionner Covéa comme l’un des leaders mondiaux de la réassurance : « PartnerRe a démontré (…) la pertinence de sa stratégie, de sa gestion des risques et de sa résilience », a déclaré Thierry Derez, le PDG du groupe français, selon qui l’accord « s’inscrit parfaitement dans la stratégie de croissance et de diversification de Covéa (et) dans sa volonté d’étendre sa couverture géographique ».

Pour Covéa, mettre la main sur le réassureur transalpin apparaît comme un mouvement aussi stratégique qu’opportun – car réalisé au bon moment, à l’heure où les frontières entre l’assurance et la réassurance tendent à se confondre. Dans un secteur en pleine restructuration mondiale, marqué par une forte volatilité, l’opération offre à Covéa et à ses sociétaires une complémentarité bienvenue, gage de résilience future. Et pour cause. Avec le changement climatique, la pandémie de Covid-19 et désormais la guerre en Ukraine, l’avenir apparaît plus incertain que jamais, poussant l’ensemble des grands du secteur dans une véritable course à la consolidation, dans laquelle Covéa semble, avec le rachat de ParnerRe, avoir pris une longueur d’avance. D’autant plus que le réassureur, assis sur 17 milliards de dollars de fonds propres, affiche une sereine santé financière. Si assurer consiste bien à prévoir, Covéa vient donc, avec ces deux opérations transalpines, d’offrir à ses parties prenantes et sociétaires une forme de sérénité à long terme qui, par les temps qui courent, n’a pas de prix.


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