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Toujours plus de migrants décédés en mer aux portes de l’Europe

lundi, 2 mai, 2022 - 11:05

La pandémie de Covid et les fermetures de frontières n'ont pas ralenti le nombre de migrants qui tentent de traverser la Méditerranée ou l'Atlantique pour rejoindre l'Europe. Après une baisse du traffic entre 2017 et 2019, les disparus sont de plus en plus nombreux depuis trois ans.

Le Royaume-Uni cherche à renvoyer les migrants au Rwanda. Mais, en 2021, ils ont été plus de 3000 à mourir sur les routes maritimes autour de l’Europe. Depuis le début de l’année, ils sont déjà 478, noyés, alors que l’actualité mondiale, secouée par la guerre en Ukraine, détourne les yeux. En 2020, 1544 cas avaient été recensés. Le nombre de disparus a donc doublé en un an.

La route principale, la plus meurtrière, a longtemps été la traversée de la Méditerranée centrale, vers Malte et les îles italiennes. Il y a aussi la traversée de la Turquie vers la Grèce qui a entrainé la création de nombreux centres de réfugiés. Mais, avec des contrôles plus fréquents, et des conditions de passage souvent inhumaines en Libye, les migrants choisissent désormais la route atlantique, vers les Canaries, bien plus dangereuse encore. «Le voyage en mer depuis les États côtiers d’Afrique de l’Ouest, tels que le Sénégal et la Mauritanie, et les îles Canaries est long et périlleux et peut durer jusqu’à dix jours», a souligné Shabia Mantoo, lors du point de presse régulier des agences de l’ONU à Genève.

Des chiffres sous-estimés

Il est impossible d’avoir des chiffres précis sur le nombre de personnes disparues en mer Méditerranée. «De nombreux bateaux ont dévié de leur route ou ont disparu sans laisser de traces dans ces eaux», a précisé Shabia Mantoo, la porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. «De tels cas, extrêmement difficiles à vérifier, indiquent que les décès sur les routes maritimes vers l’Europe sont bien plus élevés que ne le montrent les données disponibles», déploraient en juillet les Nations Unies.

Et le nombre de personnes tentant le long voyage ne cesse de progresser, de 58% entre janvier et juin de 2021, par rapport à l’année précédente. En juillet 2021, Antonio Vitorino, le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations – une ONG rattachée à l’ONU –, se voulait alarmiste, demandant aux États de prendre des «mesures urgentes et proactives pour réduire les pertes de vies humaines sur les routes migratoires maritimes vers l’Europe».

 


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