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En Europe, des fruits et des pesticides dangereux

jeudi, 26 mai, 2022 - 08:53

Les études se suivent sur l'évaluation des herbicides, comme le glyphosate, mais aussi sur la teneur d'autres produits nocifs dans l'alimentation. Le poids du lobby agricole et industriel reste puissant et ralentit les efforts pour parvenir à une alimentation plus saine.

Le débat sur la commercialisation des pesticides en Europe reste un sujet conflictuel. La présence des pesticides a augmenté entre 2011 et 2019 alors que les Etats de l’UE avaient promis de diminuer leur utilisation. Une étude de grande ampleur a testé 97.170 fruits entre 2011 et 2019. En 2011, 18% des fruits européens présentaient des fruits toxiques, huit ans plus tard, cette proportion atteint 29%, soit près d’un tiers. Et on y retrouve 28 des 55 pesticides considérés comme les plus nocifs par l’UE.

L’étude de l’ONG Pesticide Action Network (PAN) pointe particulièrement le kiwi de Grèce et d’Italie avec une nette progression de produits toxiques. Sur le continent, 50% des cerises sont désormais concernées, 34% des pommes, 58% des pêches françaises, 51% des mûres, 38% des framboises, 35% des abricots. Si les légumes sont légèrement moins affectés, certains, malgré tout, montrent des pourcentages inquiétants : 28% des endives, 26% des choux de Bruxelles, 31% des choux Kale, 45% des céleri-rave et 50% des céleris.

Le glyphosate reste commercialisé

Depuis 2001, les Etats européens doivent renoncer progressivement aux 55 pesticides considérés parmi les plus dangereux par l’UE. Il est conseillé d’utiliser des substituts moins nocifs, mais, finalement une tolérance est souvent de mise. « Aujourd’hui, les stratégies européennes « de la ferme à la table » et « biodiversité » proposent de réduire leur utilisation de 50% en 2030, mais si les Etats membres avaient sérieusement poursuivi l’objectif d’élimination progressive fixé par le règlement sur les pesticides, cet objectif aurait été déjà atteint aujourd’hui », rappelle Salomé Roynel, de PAN Europe.

Le cas du glyphosate est symbolique. Probablement cancérigène, il est présent dans 99,8% des 6595 échantillons d’urine des Français, dans une étude publiée dans la revue Environmental Science and Pollution Research menée sur 6848 personnes en France et  la Réunion. De même, les urines des agriculteurs viticoles sont particulièrement contaminées. Suite à cette étude, plusieurs milliers de plaintes ont été adressées. Le glyphosate devait être interdit en France, promesse d’Emmanuel Macron en 2017.


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