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La suspension des règles budgétaires prolongées en Europe

samedi, 28 mai, 2022 - 08:52

L'inflation continue de progresser en Europe et il n'est pas possible, actuellement, de respecter les critères de Maastricht qui demandent aux pays membres de diminuer leur dette et poursuivre les réformes.

Conflit en Ukraine, investissements lourds pour combattre le Covid, affaiblissement de l’euro, augmentation des prix alimentaires et de l’énergie, nouvelles aides sociales pour soutenir le pourvoir d’achat, les Etats européens ne pourraient mener leurs politiques budgétaires sans la suspension des règles de l’Union européenne du Pacte de stabilité et de croissance, qui ont été décidées au début de la pandémie de covid-19.  Ainsi, la Commission européenne a décidé de prolonger d’un an cette clause de sauvegarde jusqu’à 2023. Le but est de donner plus de latitude aux Etats pour faire face au ralentissement économique provoqué par la guerre en Ukraine. « Aujourd’hui nous faisons valoir la clause de sauvegarde pour faciliter la transition de ce soutien universel (de la pandémie) vers un épisode plus ciblé et prudent de l’aide », explique le Commissaire européen en charge de l’Economie, Paolo Gentiloni.

Alors que le risque de récession menace les Etats-Unis et que les perturbations sur les chaînes de production en Chine se poursuivent, l’Europe donne du lest aux pays membres fortement endettés, mais avec un avertissement : le contexte n’est plus le même qu’au début de la crise sanitaire et les gouvernements doivent faire preuve de précaution dans leurs dépenses. « Aujourd’hui nous faisons valoir la clause de sauvegarde pour faciliter la transition de ce soutien universel (de la pandémie) vers un épisode plus ciblé et prudent de l’aide« , explique Paolo Gentiloni.

Les critères de Maastricht en suspens

Le Pacte de stabilité et de croissance, qui impose aux Européens de limiter leur déficit et leur dette publique à, respectivement, 3% et60% du produit intérieur brut (PIB) reste fondamental pour l’Allemagne et les pays du Nord, plus attachés à l’orthodoxie budgétaire. Mais le ralentissement de l’économie touche tous les pays. La Commission européenne espérait en février une hausse du PIB de 4% au sein de l’Union européenne, elle mise désormais sur le chiffre de 2,7%. Un scénario plus sombre serait une croissance négative. « Si les prix de l’énergie continuent d’augmenter, si en plus des prix nous rencontrons des problèmes d’approvisionnement énergétique, le risque d’entrer en territoire négatif pourrait se matérialiser. Ce n’est pas encore le cas », précise Paolo Gentiloni.

La prolongation d’un an du soutien européen n’est toutefois pas un « chèque en blanc ». Les pays endettés doivent réduire leur dette et l’exécutif communautaire attend de la France, par exemple, de réformer son système de retraites, un thème qui sera au coeur des prochaines législatives dans le pays. Un sujet hautement inflammable alors que le gouvernement mené par la Première ministre Elisabeth Borne doit dévoiler très prochainement son plan pour aider le pouvoir d’achat.


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