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Variole du singe : une sur-médiatisation?

dimanche, 29 mai, 2022 - 14:10

A ce jour, 219 cas ont été recensés dans le monde occidental, ce qui est relativement peu pour une maladie transmissible. Mais la médiatisation de cette "nouvelle maladie" peu léthale frise la surenchère et provoque des inquiétudes populaires. Toutefois, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se dit rester très vigilante face à cette situation inhabituelle.

Tout le monde en parle, même sur le ton de l’humour. Les photos de pustules sur la peau sont devenues virales dès les premiers cas annoncés, illustrant l’inquiétude que provoquent les maladies transmissibles, surtout après deux années de crise sanitaire due au Covid-19. A ce jour, seulement 219 cas ont été signalés à travers le monde occidental, ce qui n’est rien par rapport aux nombreuses pathologies liées à des agents infectieux. En Espagne, où plus de 80 cas ont été confirmés, et dont la plupart ont fréquenté un sauna gay de Madrid, la peur d’une stigmatisation communautaire augmente. De plus, le taux de mortalité n’est que de 3 à 6% et la plupart des malades sont guéris après trois ou quatre semaines.

Pourtant on sait depuis le début que le virus ne fait pas partie des IST (ou MST), il peut se transmettre par simple contact de la peau. Andrea Antinori, immunologue à l’Institut des Maladies infectieuses de Rome : « La transmission se fait par des contacts étroits. De fait, les rapports sexuels peuvent être considérés comme un contact étroit, mais ce ne sont pas les seuls contacts étroits possibles. J’éviterais pour l’instant d’identifier cette maladie comme une maladie sexuellement transmissible et surtout d’identifier la population, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, comme porteurs de cette maladie parce que je crois qu’il est de notre responsabilité de ne pas stigmatiser cette situation. »

Un épisode contagieux qui concerne beaucoup d’hommes gays

Les premiers cas ont souvent un point commun : les personnes qui ont contracté la variole du singe sont homosexuels. Une grande fête LGBT, dans les Canaries, a été le cluster qui a disséminé le virus auprès de cette communauté.  Ce que l’on sait, c’est que la majorité des cas concernent des hommes, la plupart âgés de moins de 40 ans. Pourtant cette maladie est présente en Afrique où elle est considérée comme endémique dans onze pays. Elle fait donc partie des maladies encouragées par la multiplication des voyages, comme le Covid ou, en son temps, le VIH.

« A ce jour, au moins huit pays (européens) – le Portugal, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et la Suède – ont signalé des cas de variole du singe », a résumé vendredi dans un communiqué Hans Kluge, responsable de l’antenne européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un cas vient d’être signalé en Finlande. Des cas semblables ont été signalés en Australie, au Canada et aux Etats-Unis.

Mais l’OMS a prévenu le vendredi 27 mai que les cas recensés pourraient être « le sommet de l’iceberg ». « Nous avons une fenêtre de tir pour arrêter la transmission maintenant. Si nous mettons en place les mesures adéquates maintenant, nous pourrons probablement contenir cela rapidement. » a déclaré Sylvie Briand, directrice du département de préparation mondiale aux risques infectieux de l’OMS, lors d’une présentation aux États membres de l’organisation sur la propagation « inhabituelle » du virus, à l’occasion de l’Assemblée mondiale de la santé à Genève (Suisse). Pour réduire cette épidémie, le vaccin de troisème génération Imvanex s’avère plus efficace face aux orthopoxvirus.


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