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Pour les droits LGBT, la France recule

lundi, 30 mai, 2022 - 11:06

Le premier mandat d'Emmanuel Macron a été désastreux pour la communauté LGBT, le président ayant choisi de privilégier la droite dure et catholique pour des raisons électoralistes. Dans les pays voisins, la droite et le centre, parfois en association avec la gauche, continuent de réformer en faveur de cette minorité.

Alors que le mois des Marches de la fierté approche, La France est de plus en plus mal notée au Rainbow Index annuel de l’ILGA-Europe (l’European Region of the International Lesbian and Gay Association). De fait, elle a fortement régressé depuis le début du premier mandat d’Emmanuel Macron. Sur les 49 pays européens, évalués en fonction des droits et libertés accordés aux personnes LGBT, le pays est passé de la 6ème place en 2018, à la 9ème place en 2019, pour atteindre la 13ème place en 2020 et 2021. Les 70 critères d’évaluation retenus par l’ILGA n’ont été remplis qu’à 57% en 2021 et 56% en 2020, contre 63% en 2019 et 73% en 2018.

Car le premier mandat d’Emmanuel Macron se caractérise par une immobilité en matière des réformes. La loi bioéthique a traîné pendant des années et elle est notoirement inaboutie (exclusion des personnes transgenres de la PMA, don d’ovocytes entre partenaires interdits). Le retard de la PMA en France a forcé des centaines de lesbiennes à recourir aux services étrangers où elle est appliquée légalement, comme en Belgique et en Espagne. D’autres n’ont pas pu concrétiser leur désir d’enfant.

De même, la loi contre les thérapies de conversion a été obtenue tardivement, et a pu aboutir uniquement grâce au travail des associations. Mais c’est tout l’agenda LGBT qui a été méprisé, malgré des figures politiques homosexuelles au gouvernement, comme Gabriel Atal, qui se sont peu manifestées sur ces sujets, où leur influence aurait pu être déterminante. Les cas de violences homophobes ont progressé durant ces dernières années, le Président refuse que les cours d’information sur l’identité de genre soient instaurés à l’école, les travailleur(se)s du sexe font toujours face à des lois discriminantes, et aucun projet de mémoire LGBT n’a abouti à la Mairie de Paris.

Le paradoxe Macron 

Ayant gagné les élections de 2017 sur un programme de réformes, Emmanuel Macron semble avoir été plus attentif à la droite dure et catholique, ce qui a entravé les nombreuses initiatives qui ont abouti pour les personnes LGBT de nos pays voisins. La France, autrefois en avance sur ces droits dans les années 80 et 90, est désormais vue comme un pays qui a pris beaucoup de retard.

Une situation contredite par une étude Ifop pour l’association des familles homoparentales (ADFH) et le magazine Têtu, parue en mars dernier, qui donne Emmanuel Macron comme le candidat le plus favorable aux réformes en faveur des couples homosexuels et des familles homoparentales. 36% ont soutenu son action, une étude qui prête à confusion, car les besoins des couples homosexuels sont loin d’être les mêmes que ceux des gays seniors, des personnes transgenre ou de la précarité des jeunes LGBT à la rue. Dans son programme pour son second mandat, publié le 7 mars dernier, l’acronyme LGBT n’apparaît qu’ire seule fois.


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