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L’idée du salaire minimum progresse en Europe

mercredi, 8 juin, 2022 - 14:01

En période d'inflation et de crise du pouvoir d'achat, les demandes sont fortes pour une augmentation de salaires, surtout face aux bénéfices accumulés par les grandes entreprises. Il s'agit surtout de protéger les salarié(e)s les plus fragiles et de soutenir celles et ceux qui ne travaillent pas dans leur propre pays.

Discuté depuis deux ans par la Commission européenne, les parlementaires européens sont parvenus à un accord provisoire à Strasbourg, dans la nuit de lundi à mardi. Ce texte veut protéger en particulier contre la précarité pour celles et ceux qui disposent déjà d’un emploi. En effet, 9,4% des travailleurs, soit 19 millions de personnes, sont exposées au risque de pauvreté et le but est d’établir un salaire minimum national supérieur au seuil de pauvreté du pays, tout en veillant à ce que les accords collectifs couvrent au moins 70% des travailleurs. « On les appelle auto-entrepreneurs et ils ont les pires conditions de travail. Ils ne touchent pas de bons salaires, ils n’ont aucune sécurité de l’emploi », rappelait, en 2021, la rapporteuse du texte, l’eurodéputée Özlem Demirel (GUE).

A ce jour, six pays de l’Union européenne n’ont pas de salaire minimum légal : Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie et Suède. L’accord ne prévoit pas de mesure contraignante pour ces six pays et il n’y aura pas de seuil fixe pour les 21 autres pays, mais le but est de s’assurer que le salaire minimum soit suffisant pour assurer un niveau de vie décent, de l’ordre de 60% du salaire médian brut ou 50% du salaire moyen brut. Dans le reste de l’UE les montants varient fortement, il peut passer de 286 euros en Bulgarie à près de 2 000 euros au Luxembourg. La parlementaire travailliste néerlandaise Agnes Jongerius, co-rapporteuse du rapport, estime que pour 22 pays de l’Union européenne, le salaire minimum devrait augmenter. Pour son pays, les Pays-Bas, « le salaire minimum va monter à 14 euros alors qu’il est aujourd’hui entre 10 et 11 euros de l’heure », a-t-elle précisé lors de la conférence de presse.

Un délai de deux ans

Cet accord doit être approuvé par les ministres de l’emploi des Etats-membres dans le cadre du conseil de l’UE. Le Danemark et la Suède, qui ne possèdent pas de salaire minimum légal et dont les salaires sont négociés par convention collective, ont annoncé qu’ils ne soutiendraient pas l’accord. Les rapporteurs du texte se sont malgré tout montrés confiants. Le texte devrait être adopté à la majorité qualifiée (au moins 16 pays sur 27 ou l’équivalent de 65% de la population de l’UE) à la prochaine réunion du conseil de l’Union européenne le 16 juin.

Il faudra encore deux ans pour que la directive soit ratifiée au niveau européen et qu’elle entre en vigueur. Pour le Commissaire européen à l’Emploi, aux Affaires sociales et à l’Insertion Nicolas Schmidt, cette directive envoie un message politique fort : « il ne faut pas que dans ce contexte d’inflation, les salaires les plus bas soient les victimes des tensions inflationnistes « .


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