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Démission de Boris Johnson : et après?

lundi, 11 juillet, 2022 - 11:40

Le père spirituel du Brexit laisse le Royaume-Uni dans une situation catastrophique, avec une inflation à presque deux chiffres et, par ses clowneries, une crise politique sans précédent alors que l'Europe fait face à de nombreux défis. Stop ou encore?

Après des mois d’enquêtes et de scandales, le Premier ministre Boris Johnson a fini par capituler. Londres se trouve dans une crise sans précédent : chute économique, colère populaire sur le pouvoir d’achat, perte de confiance politique, tensions avec l’Irlande et l’Ecosse, sans parler des conflits avec l’Europe. La campagne pour la présidence du parti conservateur s’annonce confuse, avec une vingtaine de prétendant(e)s qui pourraient créer de nouveaux terrains de mésentente avec l’Union européenne (UE).

La faiblesse du gouvernement britannique ouvre de nouvelles velléités indépendantistes en Irlande et en Ecosse. La chute de Boris Johnson fragilise le soutien à l’Ukraine. Le Brexit montre plus que jamais ses limites économiques. La nouvelle vague de Covid, qui affecte aussi la Grande-Bretagne, va complexifier un peu plus la situation intérieure.

Après trois années de relations tendues avec la commission européenne, plusieurs capitales européennes ont exprimé le souhait de rééquilibrer les relations avec Londres. En France, la ministre des affaires étrangères, Catherine Colonna, espère une mise à plat diplomatique  : « J’exprime le voeu qu’un changement de Premier ministre nous permette d’espérer un nouveau départ dans les relations franco-britanniques ». Michel Barnier, ancien négociateur du Brexit, a déclaré sur Twitter  : « Le départ de Boris Johnson ouvre une nouvelle page pour les relations avec le Royaume-Uni. Qu’elles soient plus constructives, plus respectueuses des engagements pris, en particulier en ce qui concerne la paix et la stabilité en Irlande du Nord, et plus amicales vis-à-vis des partenaires européens ». Pour Mujtaba Rahman, directeur général pour l’Europe chez Eurasia Group, le parti des conservateurs doit évoluer  : « L’Europe va être un sujet important dans la campagne. Compte tenu de la base eurosceptique du parti Tory, cela va limiter la capacité du futur leader à être constructif ».

« Clownfall »

Pour beaucoup, la chute de Boris Johnson est celle d’un clown, issu des élites et sans aucun respect pour les règles politiques. Ses mensonges répétés ont dévarorisé la parole politique et on peut considérer que c’est le premier chef d’Etat à subir le contre-coup du Covid, malgré une campagne de vaccination qui a été exemplaire. « Son départ est le résultat d’une rébellion intense contre lui, provoquée par sa conduite. Il a livré le Brexit, qui était majoritaire à ce moment-là, mais avec des mensonges, qui étaient une caractéristique particulière de sa carrière. C’est cela qui précipite la rébellion qui l’a enlevé du pouvoir », résume l’ancien député conservateur, Dominic Grieve.


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