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Bruxelles défend les droits LGBT en Hongrie

dimanche, 17 juillet, 2022 - 10:16

Le Premier ministre nationaliste et conservateur, Viktor Orban, dont le pays est dans le collimateur de Bruxelles pour ses atteintes à l'Etat de droit, assure que la loi n’est pas homophobe et vise à « protéger les droits des enfants ».

C’est un long feuilleton de rappels à l’ordre et de pressions. La Commission européenne avait lancé l’année dernière la procédure d’infraction au sujet de la loi hongroise sur l’interdiction de diffuser des contenus homosexuels aux mineurs, votée en juin 2021. Cette loi, supposée défendre les mineurs et  lutter contre la pédophilie, est une discrimination contre les personnes LGBT et bannit, de fait, toute éducation sexuelle à l’école. Le gouvernement hongrois restant sur ses positions, la Commission européenne a lancé une procédure judiciaire contre la Hongrie et la Cour de justice de l’UE est désormais saisie. « La Commission considère que la loi viole les règles du marché intérieur, les droits fondamentaux des individus en particulier les personnes LGBTIQ », explique le porte-parole de l’institution Christian Wigand.

Les associations LGBT pensent désormais qu’il faut pas attendre la décision de justice pour sanctionner Budapest : « Dans le même temps, Viktor Orban continue de faire de notre communauté un bouc émissaire. La Commission devrait prendre des mesures immédiates et nous demandons à la Commission de recourir au mécanisme sur l’Etat de droit contre ces attaques portées à l’encontre de la communauté LGBT en Hongrie« , insiste Rémy Bonny, directeur de l’association Forbidden Colours.

Des droits contre des subventions

La Hongrie est dans le collimateur de Bruxelles depuis longtemps. Il s’agit donc d’une nouvelle procédure d’infraction lancée contre ce pays, qui peut conduire à une condamnation de la CJUE, voire à des sanctions financières.  Cette menace peut mener à la suspension du versement de fonds européens à ce pays, en raison d’inquiétudes sur les conditions de passation des marchés publics, un manque de contrôle et de transparence de l’utilisation des fonds, les insuffisances dans la lutte contre la fraude et la corruption. Les inquiétudes de la Commission sur l’Etat de droit sont aussi au cœur du blocage du plan de relance hongrois, d’un montant de 7,2 milliards d’euros de subventions européennes.

Le Premier ministre nationaliste Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, est devenu au fil des ans de plus en plus radical dans ce qu’il décrit comme un combat pour préserver les valeurs chrétiennes traditionnelles contre le libéralisme occidental. La Hongrie ne fait pourtant pas partie des pays européens les plus opposés au mariage pour tous ou l’union civile, comme la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne ou la Roumanie. Mais elle fait toutefois partie des pays où seule l’union civile est possible pour les personnes LGBT avec l’Italie, la Grèce, la Croatie, la République tchèque et l’Estonie.

Le mariage homosexuel ne fait ainsi pas l’unanimité en Europe, où l’on trouve pourtant la majorité des pays qui le permettent à travers le monde. S’il est  largement soutenu en Europe du Nord et de l’Ouest, il est en revanche rejeté par l’opinion publique dans la plupart des anciens pays du bloc de l’Est et des Balkans.

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