Syndicate content

L’Europe peut-elle interdire les Russes de voyager?

dimanche, 21 août, 2022 - 10:38

Alors que le blocus de la Russie montre ses limites, les pays voisins voudraient restreindre le nombre de touristes russes en Europe. Une mesure difficile à appliquer.

A cause du conflit en Ukraine ou de la saison estivale, ou pour des raisons professionnelles, de nombreux citoyens russes titulaires d’un visa Schengen désirent franchir les portes de l’Europe. Mais les pays voisins de l’Ukraine, comme l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande ou encore la Pologne et la République tchèque sont désormais favorables à l’interdiction de voyage l’échelle européenne pour les touristes russes. C’est le cas notamment de la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, qui s’est exprimée sur Twitter : « Arrêtez de délivrer des visas touristiques aux Russes. Visiter l’Europe est un privilège, pas un droit de l’homme. Les voyages en avion depuis la Russie sont interrompus. Cela signifie que pendant que les pays Schengen délivrent des visas, les voisins de la Russie portent le fardeau (Finlande, Estonie, Lettonie). Il est temps de mettre fin au tourisme en provenance de Russie maintenant ».

En Finlande, près de 1000 demandes de visas venant de Russie saint traitées chaque jour mais, à partir de septembre, seuls 10% d’entre elles seront délivrées. Mais le cas de la Finlande est particulier car le pays partage 1300 km de frontière avec la Russie. La Finlande est actuellement en train de renforcer les clôtures sur cette frontière.

Une interdiction difficile à imposer

L’Allemagne a déjà exprimé son refus. Tout d’abord, une majorité d’oligarques russes échappent aux sanctions de l’UE, du Royaume-Uni et du Canada. Seuls 46 des 200 Russes les plus riches, selon la liste publiée par Forbes, sont aujourd’hui sous le coup de sanctions. Ces mesures d’interdictions de circuler ne les concernent pas entièrement. Et puis d’autres pays ne veulent pas franchir le pas. Directeur du programme Europe dans le monde à l’Institut Egmont, Sven Biscop n’est pas favorable à une telle interdiction au niveau de l’Union européenne : « Je pense que ce serait une erreur. On se comporte comme si nous étions en guerre contre la Russie, ce qui n’est pas le cas. Nous soutenons l’Ukraine, qui est en guerre, mais nous sommes des non-belligérants, c’est-à-dire que nous ne sommes pas neutres, mais nous ne sommes pas directement dans la guerre, ce qui permet de maintenir les relations et les contacts avec la Russie, et c’est un avantage d’être un non-belligérant ». Les discussions qui vont se tenir à la fin du mois entre les ministres des Affaires étrangères de l’UE pourraient-elles mener à cette interdiction généralisée ? Rien n’est moins sûr.


Réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Pays