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La pénurie d’enseignants en Europe se confirme

lundi, 29 août, 2022 - 13:00

La crise du Covid et les confinements successifs ont déstabilisé une profession qui, au fil des ans, a perdu son statut social et ne parvient pas à renouveler un corps enseignant qui vieillit et qui fait face à de nombreuses démissions.

La rentrée des classes s’annonce compliquée avec une pénurie d’enseignants qui inquiète parents et syndicats. Cette année, plus de 4000 postes sont restés non pourvus aux concours enseignants, un nombre historiquement haut. Les syndicats pointent tous du doigt des salaires jugés insuffisants. « Dans les années 1980, un professeur débutant gagnait 2,2 fois le Smic. Aujourd’hui, c’est 1,1 pour un bac + 5. Il y a eu une importante perte du pouvoir d’achat », déplore Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes). Selon l’OCDE, les salaires des enseignants français en début de carrière sont en effet inférieurs de 7 % à la moyenne des pays de la zone euro, avec 29.400 euros brut annuel. En comparaison, les jeunes professeurs allemands gagnent plus du double avec 62.300 euros brut annuel.

Une pénurie qui sévit aussi à l’étranger

La désaffection pour le métier d’enseignant concerne presque tous les pays européens, et c’est aussi le cas aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. En Allemagne, il manquait déjà 15.000 enseignants à la rentrée 2019. Ce nombre pourrait atteindre 26.000, rien qu’en primaire, d’ici à 2025. En Suède, c’est 77.000 professeurs qu’il faudrait recruter d’ici à 2023. Mais cette crise n’est pas seulement causée par la baisse des salaires, puisque l’Allemagne peine à recruter, alors que les professeurs sont parmi les mieux payés.

Partout, c’est la surcharge de travail et la dégradation des conditions de travail qui rendent le métier moins attractif. La profession souffre de la perte du statut de fonctionnaire et les tâches administratives alourdissent la charge quotidienne. Au Royaume-Uni, c’est bel et bien la question du la charge du travail qui pose problème : 52 % des répondants estiment qu’elle est « ingérable » ou « ingérable la plupart du temps », contre 35 % en 2021.  Selon une étude publiée en 2018, seuls 30 % des enseignants de la zone euro se sentent considérés à leur juste valeur par la société. Ce chiffre tombe à 5 % en France.

L’exemple finlandais pourrait être la solution en différenciant les salaires non seulement en fonction du lieu d’exercice, mais aussi de la discipline enseignée. Un nouveau professeur travaillant dans une région considérée comme difficile et enseignant une matière délaissée voit ainsi son prêt étudiant remboursé. Les profs de mathématiques, physique et informatique, les plus recherchés, sont mieux payés que les autres.  Si le Royaume-Uni et la France se montrent intéressés par ce modèle, le lien entre enseignants et pouvoirs public semble toutefois brisé et le ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, ne parvient pas à convaincre d’un nouveau tournant. « Il manque 1% d’enseignants dans le primaire, 8% dans le secondaire, c’est un peu trop, je le reconnais volontiers, a-t-il déclaré sur France 2. Ce n’est pas une situation optimale, je vous l’accorde. »

 


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