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L’Allemagne et l’Espagne innovent sur les prix de trains

lundi, 5 septembre, 2022 - 10:16

Ces initiatives poussent la population à privilégier le train à la voiture tout en faisant face à la flambée des prix de l'énergie. Pour ce faire, les grandes entreprises qui profitent de l'inflation sont mises à contribution. Un pas que la France n'est pas prête à franchir.

Pour combattre la hausse des prix, deux pays voisins de la France bousculent les habitudes pour les voyageurs et les travailleurs qui prennent les trains de banlieue. L’Espagne a décidé de rendre gratuits les trajets de trains de banlieue et régionaux exploités par la Renfe, le Réseau national des chemins de fer espagnols. Depuis ce 1er septembre, une réduction comprise entre 30% et 50% du prix total des abonnements et billets des différents transports publics est généralisée, suivant les différentes régions autonomes. »D’après les données, plus de 100.000 personnes ont déjà utilisé ce pass dans la région de Madrid », se félicite Raquel Sanchez, ministre espagnole des Transports. « Cela représente une augmentation d’environ 50% par rapport à 2019. » Selon la Renfe, cette mesure devrait permettre 75 millions de trajets gratuits.

Autre grand succès populaire en Allemagne, le ticket unique à 9 euros, testé cet été, va devenir pérenne. 52 millions de tickets ont été vendus, sans compter les quelque 10 millions d’abonnés aux transports urbains qui ont vu leur tarif mensuel réduit automatiquement. Durant trois mois, trains régionaux, métros, bus et tramways ont ainsi été accessibles à tous à ce tarif unique, sans limite, partout dans le pays. « Les résultats sont clairs : les gens veulent des transports en commun lorsque le ticket est simple, compréhensible et utilisable partout. Et ils sont prêts pour cela à laisser leur voiture au garage « , analyse Maike Schaefer, présidente de la Conférence des ministres régionaux des Transports. Pour maintenir la mesure dans le temps, il faudra discuter sur le prix : les écologistes militent pour un prix à 29 euros, les sociaux-démocrates privilégient 49 euros, tandis que les libéraux-démocrates préfèrent 69 euros afin de ne pas alourdir les finances publiques.

La France rechigne

Les initiatives menées en Espagne, en Allemagne ou en Italie ne semblent pas tenter le gouvernement français, pour la bonne raison que ces plans d’aide sont financés par une texte obligatoire imposée aux entreprises du secteur énergétique, qui engrangent des profits importants avec la hausse du prix du gaz et de l’électricité. « Des producteurs profitent simplement des prix très élevés du gaz qui déterminent le prix de l’électricité », a déploré le chancelier Olaf Scholz, lors d’une conférence de presse. Et cette contribution pourrait rapporter « plusieurs dizaines de milliards d’euros », selon le Ministère des finances.

En France, l’idée de taxer les superprofits des multinationales est fermement combattue par le ministre de l’économie Bruno Le Maire, tandis que la première ministre Élisabeth Borne n’y « ferme pas la porte » en dernier recours. C’est que les appels à taxer les bénéfices exceptionnels de grandes entreprises comme TotalEnergies ou CMA-CGM se multiplient depuis cet été en France. Et la gronde populaire a déjà touché plusieurs pays européens, où des personnes refusent désormais de payer leurs factures d’électricité. En mars, l’Agence internationale de l’énergie estimait à 200 milliards d’euros le surplus de bénéfices que les compagnies d’énergie européennes pourraient engranger en 2022. Jugeant certains bénéfices « scandaleux », le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, appelait, début août, « tous les gouvernements à [les] taxer et à utiliser ces fonds pour soutenir les plus vulnérables ».

 


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