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Avec Liz Truss, l’UE s’attend au pire

dimanche, 11 septembre, 2022 - 09:20

Les news du monde entier sont accaparées par la disparition d'Elizabeth II et la succession de Charles III. Mais la nouvelle Première ministre britannique Liz Truss, dont le gouvernement est largement formé de Brexiters, ne présage rien de bon pour les relations avec l'Europe.

Les cérémonies de passation de pouvoir à la Cour britannique vont faire de Londres le centre des attentions médiatiques encore pendant une dizaine de jours. Le monde entier a les yeux rivés sur une période charnière au Royaume-Uni, qui est un moment particulier d’union nationale. Les scandales qui ont mené au départ de Boris Johnson semblent déjà loin. Mais le nouveau gouvernement de Liz Truss inquiète l’Union européenne même si, pour l’instant, l’attente reste polie. Et à Bruxelles, les partenaires européens ne s’attendent pas à une détente des relations avec Londres. « Nous savons que le Royaume-Uni est dans une situation économique difficile, et bien sûr la tentation est forte d’essayer d’attirer l’attention de l’opinion publique britannique sur d’autres dossiers, une diversion si je puis dire, et il semblerait que l’Union européenne soit le coupable idéal pour cela », explique l’eurodéputé écologiste Philippe Lamberts. Tous les Européens espèrent une relation stable et apaisée avec le Royaume-Uni, mais les positions très hostiles de Liz Truss envers l’Union européenne les poussent à la méfiance.

Car Liz Truss, ancienne ministre des affaires étrangères de Boris Johnson, est à l’origine de la loi qui entend enfreindre le protocole sur l’Irlande du Nord, pourtant signé par Londres dans le cadre du Brexit. Si Liz Truss compte poursuivre au 10 Downing Street son approche unilatérale, cette posture pourrait entraîner un conflit commercial. L’Union pourrait, en réponse, suspendre une partie de l’accord conclu avec Londres.

Un gouvernement inclusif, mais formé de Brexiters

Dans la continuité de Boris Johnson, Liz Truss a formé un gouvernement qui reflète la diversité de la société britannique. Aucun des quatre postes stratégiques de ce gouvernement (Premier ministre, Finances, Affaires étrangères et Intérieur) ne sera tenu par un homme blanc. Mais le point commun de son équipe, c’est le caractère eurosceptique des ministres issus de la droite du Parti conservateur. Aucun poste majeur ne devrait revenir au camp de Rishi Sunak, son rival à la course pour Downing Street. Un pari risqué, alors que ce dernier avait rassemblé davantage de soutiens qu’elle au sein de la majorité parlementaire dans la première phase de l’élection à la tête du parti.

Finalement, le nouveau cabinet nommé mardi 6 septembre est encore plus ancré à droite que celui de Boris Johnson. Ce qui risque de fragiliser son efficacité face à une opinion publique frappée par une inflation qui ne cesse de progresser et qui pourrait atteindre 20% d’ici la fin de l’année. Et le sujet central de l’inquiétude européenne concerne bel et bien le protocole sur l’Irlande du nord. Liz Truss pourrait activer le fameux article 16 de l’accord post-Brexit, une disposition de freinage d’urgence prévue par le texte. Avec le risque de provoquer une guerre commerciale avec l’Union européenne.

 


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