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L’inquiétante progression de l’extrême droite européenne

jeudi, 15 septembre, 2022 - 16:02

France, Italie, Hongrie, Pologne, et désormais la Suède sont montrées du doigt par la communauté européenne qui craint une recomposition de l'échiquier politique à l'échelle nationale et européenne, avec un possible renforcement de l'extrême droite au Parlement européen pour les élections de 2024.

Les élections récentes en Suède ont vu le score historique du parti d’extrême droite Démocrates de Suède (SD, pour Sverigedemokraterna), avec plus de 20% des voix, ce qui en fait le deuxième parti du pays. Mais ce succès électoral était annoncé : malgré ses inspirations néonazies, le SD est passé de 5,7 % des voix en 2010, puis 12,86 % en 2014, 17,5 % en 2018 et 20,5 % en 2022. La Suède, pays traditionnellement tolérant, qui a accueilli près d’un million de migrants et de réfugiés entre 1984 et 2015, fait désormais face à une montée de la violence urbaine, menée par les gangs. Selon des résultats quasi-définitifs portant sur plus de 99% des bureaux de vote, le bloc droite-extrême droite, mené par le conservateur Ulf Kristersson, obtiendra 176 sièges au Parlement, contre 173 pour le bloc de gauche mené par Magdalena Andersson – qui a démissionné de son poste de Première ministre.

L’immigration a donc fait basculer la Suède, et les élections italiennes du 25 septembre prochain devraient voir le même scénario se répéter. Le parti post-fasciste Fratelli D’Italia (Frères d’Italie) est favori et l’ancienne militante du parti mussolinien Mouvement social italien Giorgia Meloni devrait devenir la prochaine présidente du Conseil – c’est-à-dire cheffe du gouvernement. De 2 % des voix en 2013, Fratelli d’Italia a convaincu 4,4 % des électeurs en 2018 et est crédité de 25 % des suffrages pour les législatives de fin septembre. Ici aussi, l’immigration est au coeur de cette progression.

Le cas de la France est assez proche avec la progression constante de Marine Le Pen lors des élections des dix dernières années. Le Rassemblement national est passé de 8 à 89 députés à l’Assemblée après les législatives de juin. Et comme un Suède, il existe désormais une instrumentalisation des idées de droite dure par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Pour Stéphane François, professeur de science politique à l’université de Mons, « Ce qu’on observe dans notre pays a été en grande partie déclenché à cause du débat autour de l’identité nationale par Nicolas Sarkozy, qui a voulu capter les idées de l’extrême droite. On paye aujourd’hui la démagogie de certains personnages politiques ». Même l’Espagne, gouvernée par la gauche, doit désormais faire face à la contestation du parti Vox.

Une influence grandissante au Parlement européen

L’addition de des voix provenant de partis néonazis et post-fasciste avec celles du bloc des pays d’Europe centrale risque de peser lourd dans la politique européenne. La crise de 2008 a renforcé le sentiment anti-européen, la crise des réfugiés de 2015 a été vue comme une « invasion migratoire » et la crise actuelle a renforcé la perte de confiance envers les politiques et le rejet des élites. Et la marge de progression existe. Les tensions récurrentes entre l’Union européenne et la Hongrie et la Pologne, illustrent le même affrontement sur les thèmes LGBT, d’immigration, de corruption ou un refus de l’Etat de droit. Le terrorisme d’extrême droite a désormais remplacé le terrorisme islamique du début du siècle. Sans mentionner la guerre en Ukraine qui illustre le combat entre la démocratie européenne et le bloc soviétique.


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