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Carton vert pour la Roumanie, carton rouge pour la Hongrie

samedi, 26 novembre, 2022 - 14:57

Bruxelles considère que la Roumanie a suffisamment progressé en matière de réformes judiciaires et de lutte contre la corruption, tandis que la Hongrie est toujours pénalisée pour son manque d'efforts en matière de garantie de l'Etat de droit.

Après quinze années de surveillance, la Commission européenne a félicité la Roumanie, clôturant officiellement le mécanisme de coopération et de vérification (MCV). Ce processus est un programme spécial de surveillance de l’État de droit qui a été lancé en 2007, lorsque la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l’Union européenne. À l’époque, les deux pays étaient considérés comme très en retard en matière de normes judiciaires par rapport au reste de l’Union. Après une période décevante entre 2017 et 2019, la Roumanie a fait des efforts sur les objectifs restants, notamment les réformes sur l’immunité politique des membres du Parlement, les conflits d’intérêts et le recouvrement des avoirs criminels. « Quinze ans après l’adhésion, les conclusions du rapport reflètent les efforts de la Roumanie et son entrée dans une logique de renforcement de notre statut européen », a déclaré Nicolae Ionel Ciucă, Premier ministre roumain, en réaction à la nouvelle.

Le pays doit fournir davantage d’efforts sur la corruption. La Roumanie reste l’un des pays de l’Union européenne les moins bien classés dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, avec un maigre score de 45/100. Dans son rapport de cette année sur l’état de droit, la Commission européenne a noté que, si la Roumanie a fait des progrès pour améliorer sa législation anticorruption, certains aspects essentiels, tels que les règles relatives aux portes tournantes, au financement des partis politiques et à la protection des lanceurs d’alerte, restent fragmentés ou inexistants.

Mesures contre la Hongrie

En revanche, la Hongrie reste sur le grill de la Commission européenne qui, après plusieurs années de menace envers le Premier ministre Viktor Orban, vient de décider une suspension de 20% des fonds européens accordés à Budapest pour les sept prochaines années, soit 7,5 milliards d’euros. L’institution juge que les 17 mesures proposées par la Hongrie pour lutter contre la corruption sont insuffisantes et que les autorités doivent faire plus pour débloquer la totalité de l’enveloppe.

Aux critiques de l’UE envers le recul démocratique du pays et une corruption systémique, Bruxelles juge aussi l’attitude de la Hongrie face à l’Ukraine. Très affectée par l’inflation, un déficit important et une monnaie faible, l’économie hongroise dépend fortement des fonds européens. Le ministre hongrois en charge du développement régional conteste la décision européenne. « A la lumière de nos engagements nous pourrions toucher ces fonds. Lorsque nous avons pris ces engagements, nous avons aussi présenté un calendrier de mise en place. Cela a été approuvé par la Commission, et ils savent très bien que pour ce délai, pour le 24 novembre, nous ne pouvons pas tout accomplir », répond Tibor Navracsics.


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