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Violences policières : l’image de la France atteinte à l’étranger

mardi, 28 mars, 2023 - 11:47

La communauté internationale s'inquiète des dérives et des violences policières en France, avec de nombreuses manifestations à l'étranger en soutien des grévistes. Et l'annulation du voyage à Paris de Richard III en est la principale conséquence.

Le fiasco du match de football au Stade de France, l’année dernière, avait déjà offert une piètre image de la police française à l’étranger. Avant cela, c’était le mouvement des Gilets jaunes. Depuis le début du mouvement de grève contre la réforme des retraites, le monde entier découvre des pratiques policières que l’on croyait réservées aux pays dictatoriaux.  Et jour après jour, les dérives policières ont choqué les observateurs, au point que le conseil de l’Europe s’inquiète d’un « usage excessif de la force » en France et dénonce des atteintes à la liberté de manifester. « Des incidents violents ont eu lieu, parmi lesquels certains ont visé les forces de l’ordre », note Dunja Mijatovic, la Commissaire aux droits de l’homme. « Mais les actes de violence sporadiques de certains manifestants ou d’autres actes répréhensibles commis par d’autres personnes au cours d’une manifestation ne sauraient justifier l’usage excessif de la force par les agents de l’Etat. Ces actes ne suffisent pas non plus à priver les manifestants pacifiques de la jouissance du droit à la liberté de réunion », poursuit-elle. « Il appartient aux autorités de permettre l’exercice effectif de ces libertés, en protégeant les manifestants pacifiques et les journalistes couvrant ces manifestations contre les violences policières et contre les individus violents agissant dans ou en marge des cortèges ».

L’annulation du voyage du roi Charles III, pour des raisons de sécurité, est un énorme symbole, illustrant les difficultés du gouvernement d’Emmanuel Macron pour assurer le bon déroulement d’un évènement diplomatique majeur.

Les médias étrangers critiquent la situation en France

Ce n’est pas la première fois que les médias étrangers critiquent la gestion de la France face aux Gilets jaunes, par exemple. Le New York Times parle d’un phénomène « qui s’approche d’une crise institutionnelle ». Le Washington Post relaye l’avis de Sébastien Roché, professeur à sciences-Po Grenoble sur « les centaines de témoignages de brutalité policière qui ne sauraient être justifiées par la loi ». Le Guardian considère que ces violences sont « mauvaises pour la démocratie française et un cadeau pour Mme Le Pen. Le Daily Telegraph évoque « l’anarchie » qui règne dans le pays et les appels de plusieurs manifestants à « la décapitation » de Macron. Le Soir décrit « un pays soudain saisi d’un immense haut-le-cœur face à un pouvoir vécu comme méprisant, insensible ». Pour le quotidien, la France a exprimé « quelque chose qui ressemble à une nausée soudaine face à un pouvoir conspué avec toutes les nuances de la colère et du mépris », notant que la « personne même d’Emmanuel Macron » était « soudain jugée insupportable ».

L’ONU a fait entendre sa voix : « Je suis de très près les manifestations en cours et rappelle que les manifestations pacifiques sont un droit fondamental », a alerté lundi son rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association.

L’image la la France est atteinte, et certains gouvernements autoritaires en profitent pour se montrer très critiques, comme le ministre iranien des Affaires étrangères, qui  a appelé sur Twitter le gouvernement français « à respecter les droits de l’Homme et à s’abstenir de recourir à la force contre le peuple de son pays qui poursuit pacifiquement ses revendications ». La presse chinoise se plaît à relever que les démocraties occidentales sont secouées par des conflits internes et des grèves en série. Enfin, des actions impromptues ont eu lieu devant plusieurs ambassades d’Amérique latine, en soutien aux manifestations françaises et contre la répression policière subie. Cette polémique quant à la gestion sécuritaire des mouvements sociaux intervient aussi alors que la France se prépare à accueillir deux événements sportifs majeurs : la Coupe du monde de rugby à l’automne 2023 puis les Jeux Olympiques de Paris durant l’été 2024.


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