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L’Europe veut booster l’éolien en mer du Nord

jeudi, 4 mai, 2023 - 15:11

Face à la Chine qui prévoit des parc éoliens dantesques, l'Europe se développe mais accuse un retard important si elle veut atteindre ses objectifs pour une électricité verte. Un sommet réunissant neuf pays européens a affiché les ambitions d'une politique coordonnée.

Après une première réunion de quatre pays en mai 2022, ce second « sommet mer du Nord » a réuni, lundi 24 avril à Ostende en Belgique neuf pays d’Europe. Etaient présents : le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand, Olaf Scholz, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, les dirigeants de la Belgique, de l’Irlande, du Danemark et du Luxembourg, ainsi que de la Norvège et du Royaume-Uni.  Ce sommet s’inscrit dans les objectifs climatiques de l’Europe comme dans la volonté de sabrer sa dépendance aux énergies fossiles importées, conséquence de la guerre en Ukraine.

Il y a urgence car un certain retard a été pris : le Royaume-Uni compte 14 GW d’éolien en mer, l’Allemagne 8 GW, les capacités du Danemark, de la Belgique et des Pays-Bas s’établissent entre 2 et 3 GW, et celles de la France et de la Norvège à environ 0,5 GW. « Ensemble, l’ambition est d’environ 300 gigawatts [GW] d’ici 2050 », a affirmé M. De Croo. C’est dix fois plus que les capacités actuellement installées. L’objectif pour 2030 est au moins de quadrupler le parc actuel, a-t-il ajouté. « Les ordres de grandeur sont gigantesques (…). Chez nous comme chez nos voisins, l’éolien en mer sera vraisemblablement entre 2030 et 2050 la principale source de production d’énergie renouvelable, loin devant le solaire et l’éolien terrestre », observe-t-on à l’Elysée. La France vise 40 GW d’éolien offshore en service en 2050 sur l’ensemble des côtes. L’UE s’est récemment entendue pour doubler, à 42,5 %, la part des renouvelables dans sa consommation énergétique d’ici 2030, notamment en accélérant les procédures d’autorisation des infrastructures. Bruxelles a également proposé mi-mars des allégements réglementaires pour les industries vertes.

Une meilleure coordination pour ne pas répéter les erreurs du passé

Au-delà des partenariats qu’esquisse leur déclaration finale, les neuf États signataires veulent coordonner leurs politiques et appels d’offres, renforcer les chaînes de production ou encore simplifier les procédures administratives. Pour concrétiser cette accélération, le président français Emmanuel Macron a appelé à Ostende à « sécuriser toute la filière industrielle ». « Nous voulons une industrie européenne pour produire » éoliennes et infrastructures, « et ne pas répliquer les erreurs que nous avons pu faire » dans le passé en important massivement composants et matériaux pour le déploiement du photovoltaïque, a-t-il insisté. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a appelé de son côté à « sécuriser les approvisionnements » en matériaux critiques (terres rares notamment) pour lesquels l’Europe reste fortement dépendante des importations, notamment de Chine. Le Luxembourg, sans façade maritime, veut contribuer aux financements. « J’apporte des sous et je récupère un peu d’énergie », s’est amusé son Premier ministre Xavier Bettel.

« L’Europe a un leadership technologique et industriel, mais ne produit pas assez de certains éléments cruciaux (nacelles, pâles, câbles). Pas mal de financements vont déjà à l’innovation, l’enjeu est d’investir dans des structures de production existantes dont il faut doubler, tripler la capacité », a expliqué Pierre Tardieu, de la fédération industrielle WindEurope.

Les ONG environnementales appellent, elles, à ne pas précipiter les études d’impact sur la biodiversité marine et WindEurope pointe du doigt les contraintes liées à la pêche et au transport. « Mais pour réaliser ces objectifs d’éoliennes, on n’a besoin que de 7 % à 10 % du bassin maritime », tempère Pierre Tardieu. Pourtant la contestation est réelle dans certaines régions d’Europe. Elus, pêcheurs, associations… Le projet de parc éolien au large de l’île d’Oléron (Charente-Maritime), fédère largement contre lui. « Ce parc menacerait des dizaines de milliers d’oiseaux marins et côtiers. La transition énergétique ne peut pas se faire sur le dos de la biodiversité », dénonce la Ligue pour la protection des oiseaux. La question des impacts environnementaux est une « inquiétude récurrente » de l’opinion publique et « la France ne dispose toujours pas de données » suffisantes.


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