Comment imaginer des sociétés ouvertes, tolérantes, multiculturelles, sans que la diversité n'obtienne son plein droit de cité au sein des entreprises et du monde du travail ? Barrières au stade de la formation, discriminations à l'embauche, ségrégation dans la progression des carrières, accès très difficile aux hautes responsabilités… Toutes ces entraves se conjuguent dans le monde de l'entreprise pour retarder l'intégration harmonieuse des populations d'origine étrangères dans nos sociétés européennes.

Mais à travers l'ensemble du continent, les choses bougent et même évoluent rapidement en dépit de la montée des mouvements populistes et xénophobes. Au point que le monde de l'entreprise est devenu le lieu d'intégration par excellence.

Myeurop ouvre aujourd'hui un dossier qui, au fil des semaines et des mois, a vocation à s'étoffer de témoignages, de portraits et de reportages.

Commençons notre tour d'Europe.

  • En Suède, pays traditionnel de la tolérance et de l'ouverture, le marché du travail est au centre des préoccupations. Parce qu'ils accueillent beaucoup de travailleurs issus de l'immigration, certains secteurs comme la grande distribution sont en pointe en matière de promotion de la diversité. Gros distributeur, Axfood emploie autant de main d'oeuvre d'origine étrangère que la part de cette population dans la population totale. Une firme à ce point ouverte qu'elle n'oublie pas le voile quand elle distribue les vêtements de travail… Et dont 40% des cadres-dirigeants sont des femmes.
  • Au Royaume-Uni, le géant des télécoms BT s'appuie sur la loi sur l'égalité adoptée en 2010 pour viser l'excellence en matière de diversité. "Nos salariés doivent ressembler à nos clients" affirme le directeur des pratiques à l'égard des employés. Mais pour lui, le plus important, c'est le travail en amont: permettre aux catégories "fragiles" d'accéder à la formation.
  • Aux Pays-Bas, dans un pays où le populiste Geert Wilder donne de la voix, le taux de chômage des femmes immigrées atteint le double du taux global. Mais, dans le même temps, les gens issus de l'immigration constituent 12% de la population étudiante. Pour les aider à concrétiser leur potentiel, la fondation "jeunes femmes d'affaire ethniques" multiplie les actions de formation, d'aide à la création d'entreprise, de coaching par des personnalités du business.

Au sud de l'Europe, où l'immigration de masse est récente, où la place de la femme a longtemps été cantonnée au rôle de mère de famille, les choses bougent également.

  • En Italie, 110 grandes entreprises lancent une initiative en faveur de la diversité et contre les discriminations pour pousser l'intégrtion d'une population étrangère durement traitée par la loi "Bossi-Fini" qui vise uniquement à endiguer les flux migratoires. Des entreprises comme Ikea montrent le chemin.
  • En Espagne, l'accent est mis sur l'égalité hommes-femmes avec les initiatives visant, notamment, à concilier vie professionnelle et vie familiale. Le groupe énergétique Iberdrola est ainsi certifié "familialement responsable". Mais un long chemin reste à faire au niveau des petites entreprises.