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Le Danemark se félicite de ne pas payer pour la Grèce

jeudi, 19 juillet, 2012 - 16:40

Le 28 septembre 2000, le Danemark décidait de ne pas adopter l'euro. Brillante idée, selon certains économistes danois. A Copenhague on estime, par ailleurs, que la France et l'Allemagne ont leur part de responsabilité dans la crise.

Repéré sur Jyllands-Posten

En l'an 2000, les Danois disaient "non" à la monnaie unique. Avec le recul et dans le contexte actuel de crise financière, les économistes danois expriment sans retenue leur soulagement. 

Ils ont calculé ce que le Danemark aurait dû débourser pour soutenir la Grèce et les autres pays en difficulté, s'il avait adopté l'euro.

45 milliards d'euros d'économie

Selon le quotidien de droite Jyllands-Posten, des économistes estiment que la contribution du Danemark se serait élevée à plus de 45 milliards d'euros (338 milliards de couronnes danoises).

Le Danemark aurait ainsi échappé à une contribution de plus de 12 milliards d'euros pour le Fonds Européen de Stabilité Financière (95 milliards de couronnes), de plus de 11 milliards d'euros au Mécanisme Européen de Stabilité (87 milliards de couronnes), et de plus de 20 milliards d'euros à la Banque Centrale Europénne (156 milliards de couronnes).

Les économistes jugent ces contributions pour tenter de sauver les pays européen en diffuculté beaucoup trop importante par rapport au PIB du pays (232,9 milliards d'euros).

Dans leurs calculs, les économistes amalgament les garanties apportées par l'Etat danois et les sommes effectivements versées. La nuance est de taille.

En comparaison, la France devra verser 16,3 milliards d'euros pour le MES d'ici 5 ans, et apporter une garantie à hauteur de 126,4 milliards d'euros. Le FESF, qui ne comprenait que des garanties, a été définitivement remplacé par le MES depuis le premier juillet.

L'euro déresponsabilise les Etats

C'était certes une sage décision, mais elle s'est avérée être encore plus sage que ce que l'on croyait,"

Se félicite Christian Bjørnskov, maître de conférences en économie internationale à l'Université d'Aarhus. Sceptique depuis le début, il pense que le système était défectueux dès sa mise en œuvre.

L'euro est une construction qui encourage les Etats à se comporter de façon irresponsable, puisque les pays de la zone euro sont tous responsables des dettes de chacun, peu importe les promesses politiques qu'ils font."

Christian Blaabjerf, économiste à la banque danoise FIH Erhversbank, renchérit dans les colonnes du Jyllands-Posten :

Peu de gens souhaitent rejoindre un club dont les droits d'adhésion augmentent sans que l'on puisse savoir de combien"

Les mauvais exemples français et allemand

Mais pour Marianne Jelved, l'ancienne leader du parti de gauche Radikale Venstre, qui a toujours été favorable à l'euro, si la France et l'Allemagne avaient montré le bon exemple, une telle crise aurait peut-être pu être évitée.

Le problème, c'est que beaucoup de pays n'ont pas respecté les règles. S'ils l'avaient fait, les problèmes que nous connaissons aujourd'hui n'auraient pas eu lieu. L'Allemagne et la France ont quitté le droit chemin dès le début des années 2000, et à partir de ce moment là, la discipline a disparu"

a-t-elle déclaré au journal.


Lien vers l'article sur Jyllands-Posten : Danmark undgår kæmpe eurogning




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