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Espagne : la déprime démographique

mardi, 23 avril, 2013 - 15:04

L’Espagne s’est lancée dans la décroissance… démographique. Pour la première fois depuis 1857, un recensement enregistre à une diminution de sa population. La raison? Alors que l’accroissement naturel est proche de zéro, la conjoncture économique fait maintenant fuir les étrangers: Equatoriens, Colombiens et Roumains s'en vont ailleurs.

En Espagne, la crise est aussi démographique. Après ses points de PIB, c’est en effet ses habitants que l’Espagne voit filer. Dans son rapport publié le 22 avril, l’Institut National de la Statistique (INE) comptabilise ainsi très exactement 205.788 résidents perdus par l’Espagne en 2012. Pour une population totale de 47,1 millions de personnes au 1er janvier 2013.

Les étrangers s'en vont

Si les résultats sont provisoires, la tendance est pour le moins inédite: c’est la première fois qu’un recensement enregistre une diminution de la population en Espagne depuis la toute première étude démographique fiable connue, parue en 1857.

La raison de cette inversion de la courbe démographique espagnole est identifiée: la conjoncture économique fait fuir les résidents étrangers d'Espagne. Le nombre d’étrangers inscrits baisse ainsi en un an de 216.000 individus. La situation économique de l'Espagne ne devrait pas inverser cette tendance: cette année, le taux de chômage risque bien de dépasser la barre des 27% (26% actuellement) et le PIB de perdre 1,5 points.

En 2012, la population de nationalité espagnole recensée a quant à elle très légèrement augmenté (+0,02%). Reste que cette hausse est essentiellement le fait du nombre d’immigrés naturalisés, en moyenne de 100.000 par an.

Moins d'Equatoriens, de Roumains, ou d'Allemands

Depuis plusieurs années déjà, l’Espagne et son accroissement naturel atone (+0,15% en 2012) ne devait l’augmentation de sa population qu’à un solde migratoire positif. Alors quand l’immigration connaît un coup d’arrêt et que les étrangers s’en vont, sa population globale diminue.

Cet exode, note l’enquête de l’INE, concerne massivement les non-communautaires: les résident latino-américains rentrent au pays. La grande majorité des 5,5 millions d’étrangers résidents en Espagne (11,7% de la population totale) sont d’ailleurs des extra-communautaires (3,1 millions). L’INE énumère les nationalités les plus promptes au départ en 2012, et distingue un top 3:

> 1. Equatoriens (45.951; soit -15%)
> 2. Colombiens (24.984 ; -10%)
> 3. Boliviens (13.606 ; -7,3%)

Les résidents issus de l’Union européenne fuient aussi. Les Roumains, nationalité européenne la mieux représentée en Espagne, sont 28.568 de moins (-3,2%) ; même tendance à l’exode pour les Britanniques (-3,7%), les Allemands (-8%) ou encore les Français (-3,4%).

 




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