Connexion

Syndicate content

Haris Alexiou chante la Grèce de la joie de vivre et de la solitude

vendredi, 10 juin, 2011 - 11:52

La chanteuse grecque, Haris Alexiou, a entamé une tournée européenne au début du mois de juin. Plus qu'une simple artiste, elle est un véritable mythe pour les Grecs du monde entier. Portrait d'une voix à la renommée internationale.

En Grèce, tout le monde l'appelle "Charoula" (petite grâce). Ce diminutif affectueux donné à la  plus connue des chanteuses-interprètes hellènes est la façon qu’ont les Grecs de dire qu’elle leur appartient, qu’elle chante pour eux, avec eux et par eux.

Haris Alexiou apparait dans le paysage de la chanson grecque en 1972, toute jeune fille mais déjà dotée d'une forte personnalité. C'est son disque en duo avec Giorgos Dalaras, autre interprète grec mythique, dans lequel ils chantent l’Asie Mineure, cette patrie perdue dont tout Grec se sait descendant, qui lance sa carrière.

Universelle

Elle a tout chanté, de la ballade populaire au rébétiko et de la mélopée orientale au rock. Et lorsqu’en mars dernier, le maire turc de Gazi-Emir (Ancienne Thèbes) a donné son nom à une avenue de la ville de ses ancêtres, Charoula a su, qu’au-delà de la Grèce, elle chantait les peines et les joies de tous, femmes, déracinés, et personnes blessées par l’amour ou par la guerre.

Les chanteurs sont nombreux en Grèce, tant la chanson est un art de vivre. C’est la forme la plus populaire d'expression de la littérature et les vers des plus grands poètes, d’Elytis à Rítsos en passant par Seféris, ont été mis en musique et ont accompagné tous les soubresauts de la vie grecque du 20ème siècle. 

Un style inclassable et envoûtant

Qu’est ce qui fait que Haris Alexiou est toujours tête d’affiche 40 ans plus tard ? Sa façon si particulière d’être elle-même, inclassable. A la fois chanteuse de variété et intellectuelle, elfe et diva, gouailleuse et tragique, elle navigue sur les mélodies comme sur une mer, tantôt calme, tantôt tempête, et susurre ou crie les paroles, comme si elle prenait chaque mot dans ses bras. Sa voix, caressante sans être mielleuse, vous emprisonne dans un filet d’ondes dont on ne peut s’échapper, et sa présence, altière et tranquille, comme peut l’être une panthère à l’affût, sont ses atouts premiers.  

Le reste, c’est une discipline de vie, qui malgré de rudes coups du sort, l’a menée sur tous les chemins de Grèce pour chanter dans les stades, les bords de mer et les théâtres antiques en plein air. Absorbant l’amour que lui envoient ses innombrables fans, elle le restitue au centuple, à chaque fois inchangée et pourtant toute neuve. 

Des concerts toujours plus forts

Haris Alexiou a traversé les mers pour retrouver les Grecs de la diaspora sur les cinq continents où ils se sont établis et aussi rencontrer de nouveaux publics. Elle reste néanmoins très attachée à son pays. En 1999, elle s’est produite à Athènes et à Istanbul avec Sezen Aksu, son alter ego turque, pour les victimes des tremblements de terre qui ont touché les deux pays. Et en août 2004, elle a participé à l’ouverture des Jeux olympiques d’Athènes.

Après avoir chanté les grands classiques (Theodorakis, Loïzos, Hadjitakis, …), elle écrit désormais elle-même beaucoup de ses textes et les délivre sur un tempo rock et même rap. Une artiste complète, dont les chansons sonnent au diapason d’une Grèce désorientée, où la désespérance côtoie la de joie de vivre et où les solitudes se noient dans des foules successives.


Haris Alexiou est en tournée européenne depuis le début du mois de juin. Après Zurich, Francfort, Düsseldorf, Bruxelles et Paris, elle se produira le samedi 11 juin à la Haye, le 30 Juin au festival de Bursa en Turquie et le 25 septembre à Vienne.


Pays