Connexion

Syndicate content

Redécouverte: l’ordinateur a été inventé en 1836 !

vendredi, 10 février, 2012 - 11:53

En 1836, un mathématicien anglais imagine le premier ordinateur, mais ne peut le réaliser faute de moyens. Deux hommes tentent aujourd’hui de concrétiser ses projets, qui auraient totalement chamboulé la science et le monde dès le 19ème siècle.

Lorsque le mathématicien anglais Alan Turing décrit pour la première fois la logique mécanique informatique en 1936, il révolutionne les sciences. Ses idées seront rapidement reprises et la machine de Turing se concrétisera rapidement pour devenir le premier ordinateur jamais créé, son nom entrant dans l’histoire comme celui de l’initiateur des ordinateurs modernes.

L'idée du premier ordinateur dès le XIXème siècle

Le nom de Charles Babbage n’est lui jamais cité dans les livres d’histoire. Et pourtant, le mathématicien John Graham-Cumming assure que,

exactement un siècle plus tôt, en 1836, Charles Babbage parle pour la première fois de sa machine analytique. Elle devait d’après lui opérer par elle-même, avoir sa propre logique en suivant des programmes déterminés par l’homme".

Fils d’un riche banquier, ce scientifique et outilleur réputé se lance dans l’élaboration de machines perfectionnées. La construction de son premier grand projet, la "machine différentielle", est lancée grâce au soutien du gouvernement – qui lui accorde un budget similaire à celui de la construction d’un navire.

Travail inachevé

Lorsqu’il abandonne son travail après avoir découvert qu’il peut faire bien mieux avec cette machine analytique, le gouvernement refuse de le suivre. Faute de moyens, il ne pourra donc jamais la bâtir. "Il n’était pas vraiment apprécié des scientifiques de son époque qui le considéraient comme farfelu", poursuit John Graham-Cumming.

Pourtant, au regard de ses croquis et de ses plans, la machine devait fonctionner comme n’importe quel ordinateur actuel: elle possédait un processeur mu par vapeur et des enchevêtrements de roues et d’engrenages, une mémoire, les programmes étaient insérés dans 'l’ordinateur' par des cartes perforées et elle disposait d’une imprimante. Babbage avait construit des cartes mémoires, qui nous sont parvenues, et son imprimante, construite par l’un de ses fils, fonctionne".

Passionné par cette histoire, John Grahamm-Cumming décide de suivre les traces de son illustre prédécesseur et se lance, avec Doron Swade, un historien des sciences, dans la construction de la machine analytique.

Le Musée des Sciences de Londres avait déjà achevé, en 1991, la machine différentielle entamée par Charles Babbage en suivant ses plans et en utilisant les matériaux et les outils de l’époque [pour voir comment fonctionne cette machine, cliquez ici].

L'institution a numérisé les milliers de pages de notes et la centaine de plans laissés par Charles Babbage. Elle accepte de collaborer avec les deux acolytes, mais ne peux les soutenir financièrement: à eux de trouver les 5 millions de livres (6 millions d’euros) qu’ils estiment nécessaires pour sa réalisation. Ce qui devrait leur prendre une dizaine d'années.

"Le monde aurait alors pu être changé totalement"

"Ce projet montrera qu’il était possible dès le milieu du XIXe siècle de construire le premier ordinateur. Le monde aurait alors pu être changé totalement", indique le mathématicien. "Ensuite, il confirmera que tous les ordinateurs sont semblables, qu’ils soient comme celui-ci mécanique, comme aujourd’hui électronique, ou comme demain peut-être organique. Une seule chose les différencie: leur vitesse". La machine analytique ne devait posséder qu’un kilo-octet de mémoire vive, soit un million de fois moins qu’un ordinateur basique actuel.

L’inventeur n’avait pourtant pas perçu les possibilités offertes par sa machine. Alors qu’il estime qu’elle ne doit servir qu’à réaliser des calculs mathématiques infaillibles, et ne devait donc contenir que des chiffres, la mathématicienne Ada Lovelace, qui l’aida dans ses travaux, avait vu plus loin. Dans des notes, elle estime ainsi que "la machine pourrait composer de manière scientifique et élaborée des morceaux de musique de n’importe quelle longueur ou degré de complexité".

Elle imagine également l’utilisation des lettres et donc des mots. Morte très jeune, elle n’aura elle non plus pas réussi à aider Charles Babbage à concrétiser ses idées. Elle demeure pourtant perçue comme la première programmeuse de l’histoire et la société Microsoft a d’ailleurs repris son portrait sur les hologrammes d’authentification de ses produits.


Pays