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Arnaud Leroy (PS) : « Le découpage des circonscriptions est injuste »

jeudi, 24 mai, 2012 - 15:46

Arnaud Leroy est le candidat du PS pour l'Europe du Sud-Ouest. Le découpage électoral l'inquiéte: "La gauche a fait 47% de voix à l’étranger aux présidentielles, mais risque de ne compter que 3 députés sur les 11 qui vont être élus à l'Assemblée pour représenter les Français de l'étranger"

Myeurop : Pourquoi êtes-vous candidat pour représenter à l'Assemblée nationale les Français vivant en Espagne, au Portugal, en Andorre et à Monaco ?

Arnaud Leroy : Je vis à Lisbonne depuis 2006, mais je suis auparavant passé par l’université de Warwick, au Royaume-Uni, et par Bruxelles, comme assistant parlementaire puis secrétaire général de la délégation des Verts au Parlement européen. J’ai donc une bonne connaissance des attentes des Français de l’étranger.

J’ai d’ailleurs milité dans les associations des Français de l’étranger Français du monde et la Fédération des Français à l’étranger du PS. Au bout d’un moment on se dit « pourquoi pas moi ? » et l’entourage vous pousse à tenter l’aventure. Je me suis donc présenté aux primaires. Et j’ai été élu.

Les Français de l'étranger élisent leurs députés pour la première fois. Que pensez-vous du découpage des circonscriptions ?

Il n’est ni juste ni équitable. Nous nous y sommes opposés depuis le départ en nous rendant devant la Cour Constitutionnelle. Nous avons perdu. Mais il faut qu’on m’explique pourquoi Monaco est rattaché à la cinquième circonscription (Andorre, Espagne, Portugal, Monaco), alors que l’Italie est un pays mitoyen? Le découpage n’est pas honnête, il est partisan. La gauche a fait 47% de voix à l’étranger aux présidentielles, mais risque de ne compter que 3 députés sur les 11 qui vont être élus à l'Assemblée pour représenter les Français vivant à l'étranger..

Quelles sont les thèmes prioritaires pour les Français de votre circonscription et qu’attendent-ils de leur futur élu ?

L’élu à l’Assemblée est avant tout un élu national et il votera les lois comme tous les députés. Au niveau des thématiques particulières à ma circonscription, j’ai articulé mes propositions autour de 10 points. Le premier est l’emploi. Je compte instaurer un service de l’emploi dans les consulats, notamment pour les situations d’urgence de l’Espagne et du Portugal.

Le deuxième est le financement de l’activité économique des PME. L’accès au crédit est compliqué, je travaille sur une structure, 'France-initiative', qui permettrait d’obtenir des crédits qui rassureraient les banques dans une période d’incertitude bloquant toute initiative. Ensuite vient la scolarité. Je réévaluerai l’engagement de l’Etat, pour que la France prenne en charge le coût des mises aux normes et d’autres coûts qui ont été transférés aux établissements scolaires et font exploser les frais de scolarité.

La construction européenne est par ailleurs le thème clé et la solution pour tout le monde. Nous soutenons l’effort de François Hollande pour s’opposer à la politique monétaire aveugle menée par Angela Merkel. Nous nous battons pour réorienter l’Europe, en donnant un nouveau rôle à la BCE, en développant les eurobonds et les projects bonds. 

Comment mobiliser les électeurs, alors que la participation a été de seulement 34% dans votre circonscription pour la présidentielle ?

Nous avons pourtant essayé. Nous pensions que les présidentielles intéresseraient plus, surtout qu’il y avait deux propositions totalement différentes. Mais il faut reconnaître que l’abstention a été très forte. C’est la première fois que nous faisions campagne et nous avons essuyé les plâtres. Pour ma part, j’ai multiplié les déplacements, j’ai mis en place des chats électoraux pour les gens ne pouvant pas se déplacer.

Que pensez-vous de la non-sécurisation du vote par Internet et du risque de fraude ?

Lors des tests, 30% des personnes n’avaient pas pu voter! Et pendant l’ouverture de la période de vote par Internet, du 23 au 29 mai, je n’ai pas arrêté de recevoir des coups de fil de gens qui n’arrivaient pas à voter depuis Lisbonne. Avant même de parler de sécurisation, le problème est l’accessibilité! Il faudra envisager d’élire ces 11 députés plus tard s’il y a eu trop de problèmes. S’il se passait la même chose en France métropolitaine, on revoterait tout de suite.

J’ai l’impression que les Français à l’étranger voient ça comme une élection mineure. Mais non, on élit des représentants de la nation! Mis bout à bout, les risques du vote par internet ajoutés à la faible participation et à la publication des résultats du 1er tour le 3 juin, avant le vote des autres citoyens, posent un vrai problème.

Il faudra un débat et je le porterai. Est-ce que ces députés sont un gadget de la droite? Mariani et Lefebvre, que connaissent-ils des Français de l’étranger? Face à tous ces problèmes, le PS n’est pas récompensé d’avoir des candidats du cru dans toutes les circonscriptions, sauf dans la 9ème (elle comprend seize pays d'Afrique, Ndlr).


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