Connexion

Syndicate content

L’Allemagne riche en pauvres

jeudi, 19 décembre, 2013 - 15:28

Tout ne va pas si bien en Allemagne. Depuis 2006, la pauvreté ne cesse de progresser: plus de 15% des Allemands vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté. Le fossé se creuse entre les villes de l'ouest, de plus en plus riches, et celles du centre qui s'appauvrissent.

Le modèle allemand n'est pas infaillible. Comme le note aujourd'hui le quotidien ZeitOnline, la pauvreté croît en effet en Allemagne. Un paradoxe, au vu de la situation économique plus qu'enviable de notre voisin: en novembre dernier, le taux de chômage avoisinait les 6,9%, et le PIB progresse de 0,3% au dernier trimestre.

D'après un récent rapport de l'association de lutte contre la pauvreté Der Paritätische, 15,2% de la population allemande (sur)vit sous le seuil de pauvreté cette année. L'un des plus forts taux de toute l'Union européenne. En 2006, l’Allemagne était déjà à 14%. Depuis, ce chiffre augmente d'année en année comme on le voit sur le graphique ci-dessous.

Car comme le souligne le rapport, le formidable essor économique du pays ne profite pas à tous. Si en Bavière le taux de pauvreté dépasse à peine les 11%, il explose dans la région de Brême (23%). Les zones les plus riches voient le nombre de pauvres diminuer et inversement pour les Landers les plus défavorisés:

Se dessine ainsi outre-Rhin une fracture entre régions de l'ouest, très riches, et régions du centre, de plus en plus démunies. En Allemagne, une personne est déclarée pauvre lorsqu'il ou elle vit avec moins de 869 euros par mois. Pour un ménage avec deux enfants, le seuil de pauvreté est de 1.826 euros.

La précarité fait loi

Les experts à l'initiative du rapport expliquent ce fossé grandissant par le nombre important d'emplois précaires dans les régions du centre. Des petits boulots mal payés qui fragilisent considérablement la population mais permettent au gouvernement de sauver la face sur les chiffres du chômage. Les contrats à temps plein se font de plus en plus rares ces dix dernières années. Près d'un quart de la population allemande (22%) travaille à temps partiel. Une situation qui affecte particulièrement les femmes (33% des mi-temps en Allemagne) et les jeunes de 15 à 24 ans (33%).

Une "américanisation du marché" dénoncée par les membres de la Welfare Association. Ulrich Schneider, son directeur général, insiste sur la gravité de la situation dans ZeitOnline:

Nous sommes loin d'avoir réussi à faire naître en Allemagne une société juste sur le plan social."

La mise en place d'un salaire minimum en Allemagne est censée répondre à ce problème. Mais cette reforme déplaît à beaucoup de monde. Un conglomérat d'économistes vient de publier une tribune contre l'instauration d'un SMIC, rapporte la version allemande du Huffington Post.

Ces derniers estiment qu'un salaire minimum fixe à 8,50 euros pour tous serait néfaste pour l'économie allemande. Pour eux, mieux vaut se calquer sur le modèle britannique où le SMIC varie en fonction de l'âge et des qualifications du travailleur. Ainsi, un jeune Anglais de 16-17 ans est payé 4,40 euros de l'heure alors qu'une personne de 22 ans gagne l'équivalent de 7,15 euros de l'heure (2012).




Pays